Pegasus Airlines: "Charleroi est le meilleur endroit en Belgique"

La compagnie Pegasus quitte Zaventem. Via Istanbul, elle volera de Charleroi vers 33 destinations.

Entretien > Raphaël Meulders
Pegasus Airlines: "Charleroi est le meilleur endroit en Belgique"
©Bureaux Régionaux

Voici le Joker de l’aéroport de Charleroi. La compagnie low cost Pegasus Airlines débarque sur le tarmac carolo dès mars prochain. Elle fait, en quelque sorte, le chemin inverse de Ryanair, en quittant Zaventem pour Charleroi. De quoi redonner du baume au cœur des dirigeants de Brussels South Charleroi Airport (BSCA) qui ont déjà envisagé le "scénario du pire" pour 2014 (soit la perte de 900000 passagers), suite aux transferts de différents vols de Ryanair vers Bruxelles. A l’image du secteur aérien turc, Pegasus est en plein "boom". La compagnie dirigée par Ali Sabanci, issu d’une famille ancrée dans le business depuis des générations, a transporté près de 12,5 millions de passagers entre janvier et septembre de cette année (soit une hausse de 22 % en un an). Elle est considérée comme l’une de compagnies à la plus forte croissance en Europe et l’une des moins chères du moment. Güliz Oztürk, directrice commerciale de la compagnie, nous explique les ambitions de Pegasus à Charleroi.

Pourquoi avez-vous quitté l’aéroport de Bruxelles-National (Zaventem) pour aller à Charleroi ?

Nous voulons offrir le meilleur prix à nos passagers. L’accord signé avec les autorités de Brussels South Charleroi Airport (BSCA) nous permet de faire de sensibles économies sur nos coûts opérationnels et sur les taxes aéroportuaires par rapport à ce que nous payons actuellement à Brussels Airport (NdlR : où la compagnie est présente depuis 2009). Charleroi est donc le meilleur endroit pour développer nos activités en Belgique : ces économies nous permettront de proposer ces prix plancher. A partir du 30 mars 2014, nos passagers pourront voler de Charleroi à Istanbul pour 44 euros.

Vous avez des plans pour vous étendre en Belgique dans les prochaines années ?

Nous allons d’abord examiner comment vont fonctionner les vols. Si la demande répond, nous envisagerons bien sûr d’offrir de nouvelles destinations depuis la Belgique. Nous nous considérons avant tout comme une compagnie régionale pour l’Europe, le Moyen-Orient, la Russie et le Caucase. Depuis l’aéroport de Charleroi, Pegasus proposera 21 destinations turques et 12 autres destinations internationales, dont Doha, Dubaï, Beyrouth, le nord de Chypre ou Téhéran. Et ce via notre hub d’Istanbul (NdlR : Sabiha Gökçen, le deuxième aéroport de la ville).

Combien de passagers pensez-vous pouvoir transporter depuis Charleroi chaque année ?

Les réservations ont déjà commencé et les résultats sont très encourageants par rapport à ceux de l’année dernière. Cela montre clairement que les clients sont prêts à décoller depuis un autre aéroport s’ils constatent qu’ils payeront moins.

Quel type de clients comptez-vous amener à Charleroi ? Des hommes d’affaires ou plutôt des passagers "loisirs" ?

Même si les clients "business" sont en pleine croissance sur nos vols en général, nous constatons que notre ligne Bruxelles-Istanbul est essentiellement composée de voyageurs "loisirs", de touristes. Il y a aussi pas mal d’habitants de Bruxelles qui vont visiter leurs familles en Turquie.

Ryanair ouvre une base à Zaventem, alors que vous faites le chemin inverse… Que vous inspire la décision de la compagnie à bas prix irlandaise ?

Nous souhaitons tout le meilleur à Ryanair dans ces nouvelles opérations.

Votre objectif est-il de devenir une low cost de la taille de Ryanair ou easyJet ?

Nous sommes déjà en compétition avec easyJet sur plusieurs destinations et on s’en sort assez bien. En fait, nous sommes en faveur de la concurrence qui amène du dynamisme et de la créativité dans le secteur, tout en étant bénéfique pour le consommateur. Pegasus est un peu différente des autres low cost, dans le sens où nous avons modifié certains standards de confort pour mieux répondre aux besoins du marché. Mais c’est clair que l’un de nos principaux objectifs reste de réduire au maximum nos coûts. Il y a pas mal d’études qui montrent que Pegasus est d’ailleurs l’une des compagnies les moins chères d’Europe.

Combien d’emplois allez-vous créer à Charleroi ? Est-ce que vos employés basés en Belgique payeront leur sécurité sociale dans notre pays ?

Nous sommes une compagnie low cost et nous n’engageons pas des employés dans tous les aéroports où nous allons. Donc, nos tâches de handling (nettoyage des avions, traitement des bagages,…) seront effectuées par nos sous-traitants locaux en Belgique. Et il y aura ainsi des jobs indirects créés avec des conséquences positives pour votre pays.