La FGTB plaide un "changement de cap"

Face à la crise économique et sociale qui s'installe, "un changement de cap s'impose au niveau socio-économique", a plaidé lundi Anne Demelenne, secrétaire générale de la FGTB.

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La FGTB plaide un "changement de cap"
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Face à la crise économique et sociale qui s'installe, "un changement de cap s'impose au niveau socio-économique", a plaidé lundi Anne Demelenne, secrétaire générale de la FGTB, à l'occasion de la présentation du baromètre socio-économique du syndicat socialiste. "C'est la 4e édition de ce baromètre et le moins que l'on puisse dire, c'est que la situation est loin de s'améliorer", a d'emblée déploré Anne Demelenne.

Ainsi, alors que la dette publique flirte avec des niveaux inquiétants, que la croissance reste faible et que le chômage ne recule pas, particulièrement chez les jeunes, la pauvreté s'incruste d'années en années. "A l'heure actuelle, 1,5 million de personnes, en Belgique, sont concernées par le risque de pauvreté", a estimé la secrétaire générale de la FGTB selon qui les réponses apportées par le politique à cette situation sont "erronées".

"La richesse existe en Belgique mais elle est mal répartie et la fiscalité ne corrige pas assez les inégalités de revenus", a poursuivi Mme Demelenne en pointant notamment "le manque évident de progressivité de l'impôt".

Quant aux mesures d'austérité mises en place, "elles ne marchent pas", a encore martelé la responsable du syndicat socialiste. "La croissance est en berne, en Belgique mais aussi dans l'ensemble des pays de l'Union européenne", a-t-elle souligné.

Autres regrets de la FGTB: le manque d'investissement des entreprises belges dans la formation professionnelle et "une structure de production défaillante", ne créant pas assez de valeur ajoutée, qui pèse sur les exportations. "Le patronat dénonce toujours le coût du travail mais si l'on tient compte de la totalité des aides dont il bénéficie, l'écart salarial par rapport aux pays voisins - actuellement estimé à 3,8 pc, ndlr - mettrait en avant une marge de 0,2 pc", a encore indiqué Anne Demelenne.

Face à ces constats, "un changement de cap s'impose", a-t-elle répété. Pour le syndicat socialiste, il est désormais impératif de renforcer le pouvoir d'achat des travailleurs et des allocataires sociaux, en garantissant notamment le système d'indexation automatique des salaires et en rétablissant la liberté de négocier les salaires tout en faisant marche arrière sur la mesure relative au chômage des jeunes qui touchera 55.000 d'entre eux au 1er janvier 2015. Sans surprise, la FGTB appelle également à la création d'emplois de qualité et à une réforme de la fiscalité pour la rendre plus juste. "Il ne faut pas taxer plus mais taxer mieux, ce qui nécessite de la transparence", a conclu Mme Demelenne.