Zalm en "guest star" chez De Wever

Hier à Anvers, le président d’ABN Amro a tenté de séduire de nouveaux clients.

Nederland, Amsterdam, 04-03-2011 Gerrit Zalm, chief executive officer of Dutch state-owned bank ABN AMRO, speaks during a news conference to present the company's 2010 annual results. PICTURE NOT INCLUDED IN THE CONTRACT
Nederland, Amsterdam, 04-03-2011 Gerrit Zalm, chief executive officer of Dutch state-owned bank ABN AMRO, speaks during a news conference to present the company's 2010 annual results. PICTURE NOT INCLUDED IN THE CONTRACT ©Photo News
Ariane van Caloen

Organiser une conférence de presse à l’hôtel de ville d’Anvers en présence d’un ancien ministre… néerlandais. C’est l’idée originale qu’a eue la banque néerlandaise ABN Amro pour montrer qu’elle a des ambitions d’expansion en Belgique et en particulier dans la ville du bourgmestre N-VA, Bart De Wever.

C’est donc dans le majestueux "schone verdieping" que Gerrit Zalm, ancien ministre des Finances et président du conseil d’administration d’ABN Amro, est venu expliquer "l’importance de la Belgique" dans la stratégie du groupe bancaire. Il n’était plus habillé en tenancière de maison close comme lors de la réception annuelle de la banque mais en veston et cravate bleue. Une tenue plus adéquate pour aller à la rencontre des clients… A son programme de la journée, il avait notamment un déjeuner avec le secteur diamantaire.

Nationalisée en 2009 après le rachat catastrophique en 2007 par le consortium dont faisait partie Fortis, ABN Amro réalise actuellement 80 % de ses résultats aux Pays-Bas pour 20 % à l’étranger. L’objectif est de faire passer les revenus provenant de l’étranger à 25 % à l’horizon 2017.

Pour cela, la banque mise notamment sur la Belgique et sur les activités de private banking et de récolte de l’épargne. En septembre 2012, elle a ainsi lancé le compte d’épargne en ligne sous la marque Moneyou, qui a permis de récolter jusqu’à présent 1,5 milliard d’euros pour 40000 déposants. Elle veut aussi s’attaquer au secteur maritime avec une large palette de services. "Nous avons un important know how. ABN Amro est une marque forte", a souligné Gerrit Zalm. Qui fait comprendre au passage que la banque néerlandaise n’est en rien responsable de la débâcle de Fortis en 2008. "ABN Amro est vue comme la victime d’un rachat plutôt que comme une banque qui a mal agi", lâche-t-il.

"Pas de sang sur les murs"

Gerrit Zalm écarte aussi les craintes que pourrait susciter la crise du marché immobilier aux Pays-Bas. Certes, le marché immobilier a connu deux mauvaises années. Mais cela a entraîné des provisions très limitées pour la banque (0,25 % du total des crédits). "Il n’y a pas de sang sur les murs", a commenté l’ancien ministre. Qui reconnaît que les difficultés rencontrées par le marché immobilier constituent, avec les problèmes rencontrés par les fonds de pension, les deux facteurs qui expliquent le ralentissement de l’économie néerlandaise.

Cependant, au rayon des indices plus encourageants, il relève des transactions immobilières reparties à la hausse et des restructurations qui vont dans le bon sens.

A propos des "stress tests" qui vont être organisés par la Banque centrale européenne, il distille aussi un message plutôt positif. "Si c’est réalisé de manière approfondie, cela va renforcer la confiance vis-à-vis des banques", explique-t-il. Sans toutefois faire un pronostic sur ce que donneront les résultats attendus pour octobre 2014. Mais, à l’entendre, ABN Amro, est suffisamment capitalisée avec un ratio Core Tier 1 de 14 %.

Sur l’éventuel intérêt d’ABN Amro pour des institutions à vendre en Belgique (comme Delta Lloyd), il est resté très prudent. "On regarde toujours toutes les opportunités qui se présentent", s’est-il contenté de dire.

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