Cheapcom, premier achat groupé des télécoms

Deux jeunes liégeois veulent attirer au moins 1000 personnes pour négocier des baisses de tarifs en Wallonie.

Laurent Lambrecht
Cheapcom, premier achat groupé des télécoms
©REPORTERS

Voici une initiative qui pourrait intéresser beaucoup de consommateurs wallons. Deux jeunes liégeois ont lancé “Cheapcom”, un projet d’achat groupé dans le secteur des télécoms. Il concerne plus précisément le segment “triple play” (télévision, internet, téléphone) et laisse de côté, dans un premier temps, la téléphonie mobile. Le but ? Réunir au minimum 1 000 clients potentiels afin de négocier des tarifs préférentiels auprès des opérateurs présents en Wallonie. 

Quentin Benfante (27 ans), diplômé HEC, et François Renier (25 ans), informaticien, ont lancé le site www.cheapcom.be où les personnes intéressées peuvent s’inscrire à l’achat groupé. Alors que la communication autour du projet vient de débuter, une grosse centaine de personnes sont déjà inscrites. Si la barre des mille personnes est atteinte, les deux Liégeois iront négocier un tarif préférentiel auprès des opérateurs présents en Wallonie. “Mon job actuel consiste à aider des entrepreneurs à lancer leur entreprise. J’ai donc eu l’idée de mettre sur pied mon propre projet, explique Quentin Benfante, responsable marketing de Cheapcom. Jusqu’à présent, cela a surtout représenté un investissement en temps. En cas de succès, nous lancerons certainement d’autres appels d’offres. Dans ce cas, il faudra lever du capital, créer une société et engager du personnel”.

Pour faire vivre leur éventuelle future société, les deux partenaires envisagent de prendre une commission sur l’argent épargné par les participants. Le pourcentage n’est cependant pas encore connu.


“10 % minimum de réduction”

Après les multiples opérations du genre dans le secteur énergétique, il s’agirait du premier achat groupé dans le domaine des télécoms. Test-Achats ne s’est pas encore intéressé à ce genre d’opérations. Est-ce parce que ce modèle est difficile à dupliquer ? Changer d’opérateur implique de changer de décodeur et de modem. En outre, contrairement au secteur énergétique, le monde du “triple play” est dominé par deux principaux acteurs en Wallonie. Voo et Belgacom seront-ils prêts à diminuer leurs prix pour attirer des clients ?

“Belgacom accepte bien d’offrir une réduction de 10 % aux employés de Colruyt, répond Quentin Benfante. 10 %, c’est la réduction minimale que nous espérons obtenir auprès de l’opérateur qui rendra la meilleure offre. Test-Achats n’a pas encore lancé d’achats groupés dans les télécoms mais c’est peut-être une question de temps. La loi télécoms ne date que de fin 2012”.

Les deux partenaires entendent bien profiter de cette législation en vigueur depuis octobre 2012. Pour rappel, elle autorise les clients à résilier leur abonnement après six mois de contrat. Si la loi télécoms a fait baisser les prix de la téléphonie mobile, les offres “triple play” restent relativement chères en Belgique. Selon une étude de l’IBPT, le gendarme des télécoms, les offres conjointes affichent des tarifs “plutôt élevés” en Belgique. Notre pays se trouve très loin de la France à ce niveau-là. “Ce sera difficile d’obtenir des prix aussi compétitifs qu’en France , reconnaît Quentin Benfante. C’est un marché plus concurrentiel que la Belgique” .

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