Les avions toujours pas nettoyés à Zaventem

Les employés de la société "One Fleet Services", chargée de nettoyer une grande partie des avions atterrissant à l’aéroport de Bruxelles-National, ont débrayé depuis mercredi.

Meulders Raphaèl
Les avions toujours pas nettoyés à Zaventem
©Johanna de Tessières

Si vous avez pris l’avion ces derniers jours à Zaventem, vous l’aurez sans doute remarqué : votre place et les allées de l’engin n’étaient pas aussi propres que d’habitude. Et pour cause, les employés de la société "One Fleet Services", chargée de nettoyer une grande partie des avions atterrissant à l’aéroport de Bruxelles-National, ont débrayé depuis mercredi. Cette grève va d’ailleurs se poursuivre dans les prochains jours, puisqu’hier aucun accord n’a été trouvé entre la direction et les syndicats, après une longue discussion. "C’est un échec", expliquait, dépitée, la permanente syndicale FGTB Dominique Fervaille, à la sortie de la réunion.

Les 80 employés de la société, un sous-traitant d’Aviapartner qui assure les services au sol de près de la moitié des compagnies aériennes de Brussels Airport, dénoncent des conditions de travail devenues "intenables". "La situation a dégénéré depuis janvier, poursuit Dominique Fervaille. One Fleet Services, qui connaît des difficultés financières, a décidé de faire de sérieuses économies et, du coup, les employés manquent du matériel le plus essentiel, dont des gants pour nettoyer les avions".

"Une seule loque par avion"

D’après la permanente syndicale, les employés n’ont également plus de vestiaires, ni de cantines et ne disposent désormais plus que d’une seule "loque" pour nettoyer à la fois les toilettes et le reste de l’avion.

Autre fait dénoncé : la mise en chômage technique de la plupart du personnel ces dernières semaines. "Pourtant le travail ne manque pas, s’insurge Dominique Fervaille. Mais, toujours dans ce souci d’économie, les employés doivent désormais nettoyer un avion de la taille d’un Dreamliner (NdlR : Boeing 787, long-courrier) à deux, voire seul en 25 minutes, là où ils étaient auparavant 8 à 9 pour le faire". La plupart des employés ont ainsi été placés en chômage économique. Une disposition que la direction aurait justifiée par le fait que la société veut enrayer les importantes pertes financières qu’elle connaît au sein de son service nettoyage à Zaventem.

Un contrat mal négocié avec Aviapartner ?

Mais du côté des syndicats, on estime que l’erreur vient de la direction et d’un contrat de sous-traitance "mal négocié", en juillet dernier, avec Aviapartner. "Les employés ne doivent pas payer les pots cassés de ce contrat revu à la baisse, explique Dominique Fervaille. "Ce n’est pas non plus à l’Etat belge de payer cette erreur. Or avec cette mise en chômage économique, c’est le cas !" Enfin, les syndicats dénoncent le fait que One Fleet Services ait fait appel à des intérimaires pour remplacer les grévistes (ce que la direction nie). "Ce procédé est tout à fait illégal", dixit la permanente syndicale.

Du côté de la direction, on estime que les raisons de la grève ne sont pas valables, d’autant que les syndicats "n’ont pas respecté" la durée du préavis déposé ce mardi. "Cette grève est illogique et injustifiée", souffle un membre de la direction.

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