Une entreprise, ce n’est pas que du profit…

La responsabilité sociétale des entreprises est souvent mise en avant. Argument marketing ou changement de culture dans les entreprises ?

Une entreprise, ce n’est pas que du profit…
©IPM
Vincent Slits

Responsabilité sociétale des entreprises (RSE) en français, corporate social responsability (CSR) en anglais. Trois mots utilisés un peu à toutes les sauces par les entreprises désireuses de mettre en avant un développement économique durable et socialement responsable. Bref, de poursuivre une autre finalité que celle du seul profit destiné à rémunérer les actionnaires.

Le concept est dans l’air du temps depuis quelques années, alors que les inégalités sociales ne cessent de grandir et que la raréfaction des ressources naturelles couplée au réchauffement climatique impose une évidence : nos modes de consommation, de transport et de production d’énergie vont devoir radicalement changer à l’avenir. Sous peine de foncer droit dans le mur… Même si la récente crise économique a quelque peu mis en arrière-plan les enjeux environnementaux, l’argument d’un développement économique plus soucieux de son impact réel sur l’environnement, au sens large, fait partie des préoccupations des entreprises. Même si ce n’est pas toujours - ne soyons pas naïfs - dépourvu d’arrière-pensées, la responsabilité sociétale des entreprises étant parfois davantage un argument marketing qu’un véritable engagement qui s’inscrit au cœur même de la stratégie de l’entreprise.

"Les choses évoluent dans le bon sens. Au départ, c’était un peu du "greenwashing" et cela se limitait très souvent à ce que l’on appelle de bonnes pratiques touchant presque exclusivement les questions environnementales. Aujourd’hui, un certain nombre d’entreprises considèrent que la RSE est quelque chose de plus profond que de simples bonnes pratiques et que cela doit influencer toute la culture de l’entreprise, c’est-à-dire à la fois ses choix stratégiques et entrepreneuriaux, son mode de leadership et de management et enfin ses responsabilités sociétales. Il y a un certain nombre d’entreprises belges qui sont désormais entrées dans cette logique-là", nous explique Philippe de Woot, juriste, économiste et référence en Belgique dans le domaine de la responsabilité sociétale des entreprises (son entretien, à lire en intégralité dans "La Libre" du 18 février). Et le professeur de l’UCL de mettre en avant, au niveau des sociétés cotées belges, des entreprises comme Umicore, Colruyt, Solvay ou Spadel dont les réalisations en termes de RSE sont significatives. D’autres - comme Elia, Artexis ou EDF Luminus (lire ci-dessous) - mènent aussi des politiques assez volontaristes en la matière.

Des entreprises fortement impliquées dans la RSE ont-elles de meilleures performances financières ? "Des études montrent une chose : ce sont les entreprises les plus performantes qui sont aussi les plus avancées en matière de RSE. Elles ne montrent pas, contrairement à ce que certains optimistes prétendent, que la RSE est la cause de leurs performances. Pour moi, le premier devoir d’une entreprise, c’est d’être performante. Et elle ne peut être performante qu’en étant innovatrice, créatrice, entrepreneuriale. Une fois cette performance de base assurée, un engagement sur la voie de la RSE peut renforcer cette performance en attirant les meilleurs talents, en attirant des consommateurs soucieux de ces enjeux…", conclut Philippe de Woot.V.S.

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