Ryanair débarque, la guerre des prix commence

La compagnie irlandaise assure ses premiers vols ce jeudi à Zaventem. Une petite révolution pour l’aéroport, où tout le monde ne voit pas d’un bon œil cette arrivée. Désirée ou pas, Ryanair compte se développer à Brussels Airport.

Meulders Raphaèl
Ryanair débarque, la guerre des prix commence
©JC Guillaume

Ce matin, à 6h25, le premier vol de Ryanair a, théoriquement, décollé depuis l’aéroport de Bruxelles-National vers Barcelone. A son bord, 148 passagers sur 189 places, soit un taux de remplissage proche de 80 %. La machine est lancée : s’ensuivront près de 200 autres vols hebdomadaires de la compagnie low cost irlandaise qui espère attirer 1,5 million de passagers à Zaventem en 2014. Ce qui a d’ailleurs fait dire à Michael O’Leary, le patron de Ryanair qu’avec les 5 millions de passagers attendus à Charleroi, sa compagnie va devenir, cette année, le premier transporteur aérien "belge", devançant Brussels Airlines. Tout un symbole.

La compagnie à la harpe celtique ne compte d’ailleurs pas en rester là : elle va annoncer de nouvelles destinations dès ce mois d’avril depuis Zaventem. Du côté de l’aéroport de Bruxelles-National, on s’apprête à accueillir de manière mitigée ce nouvel arrivant (voir ci-dessous). Les autorités aéroportuaires ont encore en mémoire le coup de force du mois de novembre dernier de la compagnie irlandaise qui s’était invité à l’aéroport de Bruxelles-National, sans en prévenir le premier intéressé.

"Moins embêter le client"

Depuis Ryanair semble avoir changé de cap. Du moins dans sa communication. Fini les invectives et les boutades légendaires de M. O’Leary, la compagnie veut imposer un autre style plus mesuré, celui de Kenny Jacobs, désormais chargé de mener les opérations de marketing et les contacts avec la presse. Dommage pour le spectacle, mais tant mieux, sans doute, pour Ryanair qui, en se positionnant comme une compagnie "plus normale" et en miroitant notamment les passagers "business", n’en devient que plus dangereuse pour ses concurrents. Les Irlandais veulent ainsi désormais travailler avec des agences de voyage et surtout "moins embêter" leurs passagers avec tous les suppléments cachés. Une guerre des prix sans merci s’annonce donc à Zaventem d’autant qu’une autre compagnie low cost, Vueling, présente à Zaventem depuis 2004, va ouvrir de nouvelles lignes dès la fin du mois de mars. Le grand vainqueur de tout ce chamboulement risque donc d’être le passager qui va voir l’offre s’accroître et les prix baisser sur une bonne dizaine de destinations très prisées.

Notons que si Ryanair sera accueillie par des groupes folkloriques irlandais, elle sera aussi attendue de pied ferme par les syndicats qui craignent que cette arrivée amène un véritable dumping social sur le tarmac de Zaventem. Rappelons à ce propos que différentes enquêtes européennes courent toujours sur le modèle social de Ryanair.

L’accueil risque aussi d’être glacial du côté du monde politique belge, où comme l’explique Melchior Wathelet (voir ci-dessous) la compagnie irlandaise n’est clairement "pas la bienvenue" à Zaventem.


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