"Trace" choque avec sa pub sur la suppression de la période d’essai

La société d’intérim drague les employeurs. "Déplorable", dit la CSC.

"Trace" choque avec sa pub sur la suppression de la période d’essai
©D.R.
Gérard Laurent

"La suppression de la période d’essai vous freine dans l’engagement de nouveaux collaborateurs? Avez-vous songé à l’intérim?" Ainsi s’exprime la société Trace, dans une récente newsletter envoyée aux employeurs. Des propos qui ont choqué dans les rangs du syndicat chrétien. "Détournement déplorable" , lâche la CSC Mons-La Louvière, qui manifestera sa désapprobation, ce jeudi, à Mons.

Explications. L’harmonisation des statuts ouvrier et employé effective depuis le 1er janvier a supprimé la période d’essai, durant laquelle il était plus facile de se séparer d’un travailleur. Auparavant, le préavis était d’une semaine durant les six premiers mois de l’engagement. Désormais, c’est deux semaines dans le 1er trimestre et quatre semaines dans le second.

Par ailleurs, depuis septembre 2013, a été ajouté un 4e motif valable de recours à l’intérim (outre le remplacement d’un travailleur, le surcroît temporaire de travail et le travail exceptionnel) : l’insertion, à savoir le recours à un intérimaire pour occuper un emploi vacant, en vue de l’engagement de celui-ci.

Elle revient par la fenêtre

Pour la CSC, cette mesure visait à freiner le carrousel des intérimaires et à améliorer les conditions de travail. "Ici, c’est le contraire, Trace les détériore", dénonce Géraldine Garofalo.

Ajoutez à cela le fait que l’actionnaire principal de Trace est la Région wallonne, un pouvoir public censé montrer l’exemple en matière d’éthique, et vous comprendrez la colère de la CSC.

Sylvie Brichard, directrice générale de Trace, rejette ces accusations. "Nous sommes une SA commerciale et ce n’est pas un problème éthique. Nous ne sommes d’ailleurs pas la seule société à faire cette info aux employeurs. Le 4e motif de recours à l’intérim a été négocié entre partenaires sociaux en même temps que la suppression de la période d’essai, l’été dernier. Si les syndicats avaient estimé qu’il y avait un problème, ils n’auraient pas signé."

Argument fallacieux, dit M me Garofalo : "La suppression de la période d’essai a été signée après l’accord sur l’intérim". Pour la CSC, Trace fait son marché sur le dos des travailleurs et réintroduit par la fenêtre la clause d’essai. L. G.

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