La Wallonie, un grand de l’animation

La Wallonie est parvenue, en une décennie, à créer une filière industrielle de l’audiovisuel. L’animation y apparaît comme le fer de lance.

La Wallonie, un grand de l’animation
© Illustration Gaëlle Grisard
P.-F.L.

Ernest et Célestine" qui part à l’assaut d’Hollywood Boulevard ! "Minuscule" qui défie en qualité le géant américain Pixar ! "Astérix" qui rassemble plus de 30 millions d’euros ! Ces trois films d’animation - dont le dernier sortira à l’automne prochain - ont plusieurs points en commun. L’un d’eux, et non des moindres, est le fait qu’ils sont - en tout ou en partie - issus de la filière "Animation" créée, voici une dizaine d’années, en Belgique francophone. Et ces trois films, impliquant des créateurs et des sociétés de chez nous, ne sont que la partie visible de l’iceberg.

Récemment, de passage à Marcinelle (siège du groupe Dupuis et de la société DreamWall), le ministre régional de l’Economie et des Nouvelles technologies, Jean-Claude Marcourt (PS), ne cachait pas sa légitime satisfaction. "En quelques années, la Wallonie est parvenue à créer une nouvelle filière industrielle qui génère plusieurs millions d’euros de chiffre d’affaires et plusieurs centaines d’emplois pérennes." Cette filière est le fruit de la création, au début des années 2000, d’outils publics venus soutenir une kyrielle de PME ayant investi dans la production audiovisuelle. Ci-contre, on vous fait découvrir trois de ses structures (DreamWall, Digital Graphics et Nozon). La création du fonds régional Wallimage en2001, mais aussi la mise en œuvre du dispositif fédéral du "tax shelter" trois ans plus tard, ont joué un rôle déterminant dans le business des films et séries d’animation "made in Wallonia". "Notre vocation était de créer une filière de l’audiovisuel par des coproductions, avec l’obligation de dépenser l’argent wallon en Wallonie. Dans ce cadre, l’animation est le plus structurant des secteurs" , se félicite Philippe Reynaert, directeur de Wallimage.

En une décennie, pas moins de trente-quatre productions ont vu le jour (dont 16 longs métrages et 18 séries). Ces productions ont représenté, dans le chef du fonds régional, l’injection de plus de 8millions d’euros. "Un montant qui a généré un impact global, sur le secteur de l’animation, de 25 millions. Cela signifie que pour 100 euros investis, on a une dépense en Wallonie de 300 euros !" , souligne M.Reynaert. Et d’ajouter que ce n’est là qu’un début, l’animation étant le produit qui s’exporte le mieux à l’international et sur "les nouveaux écrans".



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