A New York, un "Atelier" va aider les entreprises belges

Voilà, à Manhattan, le premier espace de co-working destiné aux entreprises belges.

A New York, un "Atelier" va aider les entreprises belges
©Le Clou
Damien Spleeters, correspondant à New York

Un petit bout de Belgique s’ouvre aujourd’hui à quelques rues de Times Square, en plein cœur de Manhattan. La Chambre de Commerce belgo-américaine, ou BelCham, inaugure ce jeudi son "Atelier" : le premier espace de "co-working" destiné aux entreprises belges qui se lancent à la conquête de l’Ouest. Un espace garni de services destinés à soutenir l’entrepreneuriat et l’innovation Made in Belgium, pour une expansion outre-Atlantique sans turbulences.

Mais l’Atelier est plus qu’un incubateur, puisque l’initiative est destinée aux entreprises belges qui sont déjà bien implantées au "plat pays" et lorgne une expansion américaine. En plus d’obtenir un espace de travail à New York pour un prix défiant toute concurrence, les entrepreneurs belges qui veulent se lancer peuvent avoir accès à un éventail de services taillés sur mesure, des séances de brainstorming pour mettre à l’épreuve leurs idées de développement avec un groupe d’experts, et des événements pour faciliter les nouvelles connections. La structure facilite en outre l’obtention de visas pour stagiaires et maintient une base de données de candidats à l’emploi.

"Nous sommes une association à but non-lucratif destinée à et dirigée par des entrepreneurs. Nous opérons sans les subsides et sans l’aide du gouvernement, et nous en sommes fiers. C’est ce qui nous permet de rester flexibles et dynamiques", commente Bieke Claes.

Convaincre

Cette compatriote de 31 ans est à l’origine de l’idée, qu’elle conçoit et partage dès octobre 2012. En moins d’un an, elle s’entoure d’une jeune équipe qui parvient à récolter plus d’un million de dollars auprès de sept partenaires dont Capco, Verlinvest, et KBC.

"Le marché américain est d’une très grande qualité avec des opportunités remarquables et j’encourage les entrepreneurs belges à le regarder et à démontrer la pertinence de leur modèle", commente Frédéric de Mevius, président de de la société d’investissement Verlinvest.

Après une première annonce de lancement, en novembre de l’année passée, les demandes d’entreprises belges se sont accumulées, et l’Atelier a dû ouvrir partiellement en janvier, alors que les travaux d’aménagement ne sont pas encore terminés.

Pour être choisie, l’entreprise belge candidate devra convaincre. Il faut plus qu’une idée : un produit, un service existant; des clients et des ventes. En plus d’une bonne santé financière, il faut également pouvoir montrer que le transplant va aider au développement de l’entreprise en Belgique. "Nous ne voulons pas pousser les bons entrepreneurs à quitter la Belgique. Nous voulons les y renforcer. Nous voulons leur ouvrir le marché américain pour qu’ils puissent grandir en Belgique", commente Bieke Claes.

"Une ère de collaboration"

"La première valeur ajoutée de l’Atelier, c’est de nous permettre d’avoir une présence ici, aux Etats-Unis", commente Edouard Thijssen. Il y a cinq ans, ce Bruxellois de 27 ans lançait TrustedFamily, une plateforme de communication et de collaboration pour des sociétés familiales. Aujourd’hui, l’entreprise a des clients dans 22 pays. "L’année passée, nous avons eu 50 % de croissance aux Etats-Unis."

Depuis janvier, l’entreprise s’est implantée à l’Atelier. "Il y a plein d’entrepreneurs au même endroit qui font face aux mêmes problématiques", note Thijssen. "Ça aide d’avoir des gens qui sont dans la même situation." Pour Claes, "le temps de la compétition est révolu. La nouvelle génération montre que nous entrons dans une ère de collaboration". Avec pour devise "partager, c’est multiplier", l’équipe de l’Atelier n’a pas fini de rêver : un projet similaire bientôt à San Francisco, et le lancement d’un Master en entrepreneuriat en Belgique et à Manhattan.



Plus d’infos : www.belcham.org/atelier

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