Les prix dans les supermarchés baissent réellement... et c'est rare

our la première fois depuis 1993, c’est-à-dire quasiment depuis qu’il existe, l’indice Shop Index est entré en déflation. Cet indice, concocté chaque trimestre par Comeos, la fédération du commerce et des services, est tiré de l’indice officiel des prix à la consommation dont a été déduit tout ce que l’on ne peut pas acheter dans un magasin (voitures, assurances, énergie…).

Charlotte Mikolajczak
Les prix dans les supermarchés baissent réellement... et c'est rare
©Olivier Pirard

Pour la première fois depuis 1993, c’est-à-dire quasiment depuis qu’il existe, l’indice Shop Index est entré en déflation. Cet indice, concocté chaque trimestre par Comeos, la fédération du commerce et des services, est tiré de l’indice officiel des prix à la consommation dont a été déduit tout ce que l’on ne peut pas acheter dans un magasin (voitures, assurances, énergie…).

En mars dernier, cet indice des produits commercialisés dans les magasins, qu’il s’agisse d’alimentaire ou non, a baissé au point de passer dans le rouge par rapport à l’indice des prix à la consommation. Pour s’assurer que ce n’était pas occasionnel et que la baisse des prix était réelle, Comeos a patienté. Le recul s’étant prolongé, et même amplifié, en avril, mai et juin, il y voit la preuve d’un recul des prix à la caisse.

Rares exceptions

"Depuis sa création, explique Dominique Michel, administrateur délégué de Comeos, le Shop Index est de manière quasi structurelle sous le niveau de l’inflation. Cela veut dire, en quelque sorte, que ce qui rend la vie plus chère ne se trouve pas seulement ou pas spécialement dans les magasins. Sauf exceptions (comme en 2001 et en 2009, en raison de fortes hausses dans l’alimentaire - voir infographie, NdlR), nos prix augmentent mais moins fort que l’inflation."

En 2009, le Shop Index avait frôlé la déflation, mais cette fois, il y est entré de plain-pied. Ce que les Belges consommaient il y a un an avec 100 euros leur coûte aujourd’hui 100,42 euros. Mais dans les magasins, cela ne leur coûte plus que 99,25 euros ! Et même 98,98 euros dans le non-alimentaire. Preuve que la bataille des prix fait rage; et pas seulement entre Colruyt, Delhaize et Carrefour !

Ce recul des prix aux caisses se vérifie surtout dans deux segments très concurrentiels : l’électronique (télévisions, ordinateurs, téléphones portables…) et la mode. "Les prix d’achat auprès des fournisseurs ont diminué sur une longue période, explique Dominique Michel. Les prix de vente se devaient de diminuer, au risque que les marges faiblissent dangereusement." "A cela s’ajoute un troisième élément, qui n’a pas de frontières : Internet, poursuit-il. Les grands acteurs du Net sont des multinationales. Les énormes quantités qu’ils achètent leur donnent de terribles marges de négociation. Ils peuvent vendre à prix cassé, avec effet d’entraînement à la baisse pour tous leurs concurrents."

Cette déflation intervient alors que la consommation stagne, de même que les revenus des ménages. "Mais pas les coûts pour les commerçants, n otamment les coûts de personnel, ne manque pas de noter Dominique Michel. Les charges salariales représentent un handicap structurel. Non seulement les chaînes s’empêchent d’engager, quitte à ne pas pouvoir offrir le service nécessaire, mais elles vont e-commercer de l’étranger. C’est un énorme défi."

Les prix dans les supermarchés baissent réellement... et c'est rare
©IPM