Le MR pas si ouvert que ça à la discussion sur la taxation des fortunes

Le CD&V a décidé de peser de tout son poids pour obtenir un impôt sur les plus fortunés, qui prendrait sans doute la forme d'un impôt sur le capital. Le ministre du Budget, Hervé Jamar (MR), affirmait que son parti était ouvert à la discussion. Des propos qu'il a ensuite relativisés.

Le MR pas si ouvert que ça à la discussion sur la taxation des fortunes
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Le ministre du Budget, Hervé Jamar (MR), a relativisé lundi matin la disponibilité de son parti d'introduire une taxation sur le capital - un souhait du CD&V mais rejeté par les deux autres partenaires de la majorité fédérale, la N-VA et l'Open Vld. "L'accord de gouvernement n'en (impôt sur le capital) comporte pas à ce stade, il n'en est pas question à ce jour", a-t-il affirmé lors de l'émission Matin Première de la RTBF-radio dont il était l'invité dans la foulée de la publication d'interviews dans lesquelles il se montrait moins catégorique et donnait l'impression d'ouvrir la porte à cette revendication des sociaux-chrétiens flamands, sous la pression de leur aile gauche.

Il n'y a "pas de demande officielle du CD&V" et "nous ne sommes pas, a priori, preneurs", a renchéri M. Jamar au micro de la RTBF, assurant que le MR n'"avait pas ouvert une porte".

Une telle mesure (un impôt sur les plus fortunés) ne figure "ni dans l'accord de gouvernement, ni dans la déclaration gouvernementale", a ajouté le ministre libéral du Budget.

Dans des interviews publiées lundi par les journaux 'Le Soir' et "De Standaard', M. Jamar affirmait que son parti est ouvert à la discussion sur l'introduction d'un impôt sur le capital.

Il précisait toutefois que si "tout peut se discuter", "la voie à suivre, c'est l'accord de gouvernement", auquel la majorité se tient "dans un premier temps".


Le PS se félicite des propos du MR avant le changement de discours d'Hervé Jamar

Avant le revirement d'Hervé Jamar, le Parti socialiste avait exprimé sa satisfaction. Pour Ahmed Laaouej, député PS, "cela montre que le travail d’opposition et la mobilisation sociale peuvent faire bouger les lignes". Dans un communiqué, les socialistes avaient fait savoir qu'il y a plusieurs semaines déjà, "le PS a déposé au parlement une proposition de loi visant à taxer les plus-values. La Belgique est en effet l'un des rares pays de l'OCDE à ne pas les taxer du tout pour les personnes physiques."

Ahmed Laaouej estime que "vu l'évolution des discours du MR et du CD&V, on peut espérer qu'ils se rallient à cette proposition du PS, voire qu'ils soutiennent nos autres mesures en la matière, comme l'impôt sur la fortune, pour rééquilibrer véritablement notre système fiscal au profit des travailleurs".

"Dans les semaines qui viennent, nous serons attentifs à la concrétisation de ces discours", poursuit Ahmed Laaouej. "Mais ces premières déclarations de partenaires du gouvernement MR N-VA sont encourageantes et montrent toute l'utilité du débat d'idées et de la mobilisation".


Le SDI en faveur d'une taxation "plus soutenue" du capital

Le Syndicat des Indépendants et des PME (SDI) "emboîte le pas de certains commentateurs politiques et de la volonté ambiante de mettre davantage à contribution les revenus du capital via notamment une taxation des plus values boursières", a-t-il fait savoir mercredi.

"Le climat de défiance qui s'est installé ces derniers jours dans l'esprit de l'indépendant et du chef d'entreprise de PME suite notamment aux révélations sur le Luxembourg Leaks et la vente d'Omega Pharma doivent inciter notre gouvernement à adopter des mesures d'équité via une taxation du capital qui ramène un sentiment de justice fiscale dans ce pays", affirme le SDI selon qui "la démocratie et l'égalité des chances via le travail doivent faire en sorte que chacun contribue de manière identique aux charges publiques dans ce pays".

"Il ne convient évidemment pas de décourager la capital, instrument moteur d'une économie vivante, mais de réduire les inégalités sociales de plus en plus criantes et de ramener un niveau de vie décent parmi l'immense majorité de la classe moyenne indépendante", conclu le syndicat des indépendants et des PME.


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