Quand Uber menace d’enquêter sur la vie des journalistes trop critiques

La société de covoiturage continue d’alimenter la polémique. Emil Michael, l'un des vice-présidents de l'entreprise a menacé d’étaler des détails personnels de la vie des journalistes dans les médias.

Raphaèl Meulders
Quand Uber menace d’enquêter sur la vie des journalistes trop critiques
©BELGA

Uber, la société de covoiturage (ou de taxis déguisés, selon ses détracteurs), continue d’alimenter la polémique. Cette fois-ci, la charge vient de journalistes américains, invités à une réception à New York destinée à adoucir l’image controversée de l’entreprise. 

Un objectif complètement raté… Lors de cette soirée, Emil Michael, l’un des vice-présidents de Uber a ainsi déclaré envisager d’embaucher une équipe chargée de répondre aux articles trop critiques. Et d’aller plus loin : le vice-président a menacé d’étaler des détails personnels de la vie des journalistes dans les médias. "On s’intéressera à vos vies personnelles, vos familles", a expliqué M. Michael aux journalistes présents dans la salle. D’après le manager, les fuites seraient organisées de façon à ce que "personne ne sache que ça vient de nous (Uber)". 

Le vice-président a notamment évoqué le cas d’une journaliste, Sarah Lacy, travaillant pour un journal spécialisé dans l’actualité de la Silicon Valley. Cette journaliste aurait eu le tort d’accuser Uber de "misogynie et de sexisme" dans l’une des publicités du groupe. Des critiques qui n’ont pas plu au sein du top management de la société de San Francisco : la journaliste s’est vue menacer de voir sa vie personnelle exposée par "l’équipe spéciale" d’Uber. 

Face au tollé de ces révélations, le patron d’Uber, Travis Kalanick, est monté au créneau mardi afin de tenter de redorer l’image de son groupe, "Les commentaires d’Emil à un récent dîner étaient calamiteux et ne représentent pas le groupe", a-t-il écrit dans un de ses messages sur Twitter. "Ses déclarations dénotent un manque de leadership, d’humanité et sont loin de nos valeurs et de nos idéaux", a-t-il ajouté. 

Rappelons que Uber est installé dans plus de 200 villes réparties dans 45 pays. Le groupe, dans lequel le géant Google a investi, vaudrait 25 à 30 milliards de dollars, selon des estimations officieuses.