Grèce: "Pas d'Eurogroupe en vue"

La zone euro et la Grèce ont poursuivi mercredi leurs discussions sur la liste de réformes qu'Athènes doit proposer pour obtenir l'aide dont elle a besoin, travail qui va se poursuivre sans qu'une réunion des ministres des Finances de la zone euro ne soit en vue dans l'immédiat, selon une source européenne.

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Grèce: "Pas d'Eurogroupe en vue"
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La zone euro et la Grèce ont poursuivi mercredi leurs discussions sur la liste de réformes qu'Athènes doit proposer pour obtenir l'aide dont elle a besoin, travail qui va se poursuivre sans qu'une réunion des ministres des Finances de la zone euro ne soit en vue dans l'immédiat, selon une source européenne.

Une téléconférence des experts de la zone euro ("Euro Working group") a eu lieu mercredi après-midi pour faire le point sur la situation en Grèce.

"Il n'y aura pas de développements dans les prochains jours. On va continuer avec le travail technique à Athènes", a indiqué une source européenne au fait des discussions.

Il n'y a "pas d'Eurogroupe en vue", a-t-elle ajouté, douchant les espoirs du gouvernement grec qui misait initialement sur un accord cette semaine ou en début de la semaine prochaine.

Le prochain Eurogroupe régulier est prévu le 24 avril à Riga, en Lettonie.

Le feu vert des créanciers sur la liste des réformes que la Grèce doit réaliser est une condition indispensable pour le déblocage d'une partie des prêts internationaux. L'UE et le FMI veulent s'assurer que le gouvernement de gauche radicale, qui prône la fin de l'austérité, s'engage sur des réformes chiffrées, sans faire dérailler le budget, et en augmentant les recettes publiques.

Une nouvelle version de 26 pages de la liste de réformes réclamée par les créanciers du pays a été présentée mercredi à ces derniers, selon le quotidien Financial Times qui en publie le détail.

Selon les données de ce document, la Grèce table sur des recettes supplémentaires entre 4,6 et 6,1 milliards d'euros, pour des dépenses supplémentaires d'un montant de 1,1 milliard, liées à une batterie de mesures dans tout les secteurs de l'Etat.

En attendant l'éventuelle validation de ces propositions, Athènes doit rembourser 820 millions d'euros en créances diverses (principal et intérêts) en avril, dont 460 millions au FMI, et renouveler 2,4 milliards d'euros de bons du Trésor, tout en faisant tourner l'appareil de l'État.

L'état des finances grecques et sa capacité à honorer ses obligations des prochaines semaines fait l'objet de nombreuses spéculations et de déclarations contradictoires.

Dernier exemple en date: dans une interview au magazine allemand Spiegel mis en ligne mercredi, le ministre de l'Intérieur grec Nikos Voutsis a affirmé qu'en vue du prochain paiement au FMI prévu le 9 avril, si aucune aide n'est débloquée par les créanciers de le Grèce, "nous paierons d'abord les salaires et les retraites, et nous demanderons à nos partenaires à l'étranger leur compréhension pour le non-paiement dans les temps des 450 millions d'euros" à l'institution de Washington.

Ce report de paiement devrait "se faire à l'amiable, de façon à ce qu'un défaut de paiement ne se produise pas", ajoute le ministre.

Ce scénario a aussitôt été démenti par une source gouvernementale grecque selon laquelle "il n'y a aucune probabilité" que la Grèce n'honore pas cette échéance du 9 avril. Cette source affirme également la confiance du gouvernement dans une "issue positive" des discussions avec les créanciers car les négociations en cours ont permis de "combler la distance" entre les deux parties.

Le risque d'un incident de paiement jeudi prochain ne semble pas non plus être le scénario privilégié à Bruxelles.

Le président du Conseil européen, Donald Tusk, avait jugé mardi la situation de la Grèce "sous contrôle", sans expliquer cependant sur quels développements se basait cette estimation rassurante, alors que de récents diagnostics étaient plus alarmistes.

Dans un courrier daté du 15 mars adressé à plusieurs responsables européens, le Premier ministre grec Alexis Tsipras avait averti "qu'il serait +impossible+ pour Athènes d'assurer le service de la dette d'ici les prochaines semaines si l'UE n'apportait pas à court terme une assistance financière au pays", selon des extrait parus dans la presse.