Drones: quand l'armée américaine transforme les salons de jeux vidéo en salons de recrutement

La sortie du film "Good Kill" avec Ethan Hawk cette semaine remet les drones au centre de l'actualité. Mais où l'armée recrute-t-elle ses drones? Et sur quels critères? Un documentaire jette la lumière sur une guerre qui ne dit pas son nom.

Drones: quand l'armée américaine transforme les salons de jeux vidéo en salons de recrutement
©Capture d'écran theguardian.com
Rédaction en ligne

La sortie du film "Good Kill" avec Ethan Hawk cette semaine remet les drones au centre de l'actualité. Dans ce film (critiques à lire ici et ) le héros vit sa guerre dans un container du fin fond de l'Amérique, joystick en main. D'une main, il dirige son avion sans pilote à l'autre bout du monde. D'un clic abstrait, il provoque des morts... bien réelles celles-là. La réalité n'est pas beaucoup plus reluisante que la fiction. La preuve avec le documentaire "La guerre des drones: des gamers recrutés pour tuer", dont le quotidien britannique "The Guardian" a diffusé des extraits en février dernier (voir ci-dessous). 


Ces "gamers", ce sont des passionnés de jeux vidéo. Ils s'affrontent des heures durant dans des univers virtuels sur leurs ordinateurs connectés en réseau et acquièrent ainsi des réflexes qui intéressent l'armée américaine. Concentration, précision, résistance au stress... autant d'aptitudes que la Navy recherche chez ces candidats qu'elle recrute jusque dans des compétitions qui attirent des milliers de passionnés.   

"Il y a toujours eu un lien entre le monde de la guerre et celui du divertissement", explique un expert cité dans le documentaire. Et ça ne date pas d'hier. Dès 2002, l'armée américaine a développé "America's Army", un jeu de tir multijoueur en 3D. Objectif: capter les potentielles recrues dès le plus jeune âge. 

L'un des témoins, ancien pilote, interrogé dans "La guerre des drones" raconte qu'il a été enrôlé alors qu'il n'avait pas encore 20 ans. "C'était trop facile", se souvient-il. "Vous ne saviez pas qui vous tuiez puisque vous ne voyiez pas leur visage". Facile... en apparence seulement. Rongé par le remord, à peine rassurés par l'un ou l'autre aumônier qui leur assurait qu'ils accomplissaient le grand dessein de dieu, ils sont nombreux à avoir quitté l'armée. 

Hasard de l'actualité, il y a une semaine, la Maison Blanche reconnaissait avoir tué par erreur deux otages occidentaux lors d'un raid de drone en janvier dernier (lire ici).


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