Les Belges attendront encore longtemps l’indexation de leur salaire

L’indice pivot ne sera pas dépassé avant 2017, a annoncé mardi le Bureau du Plan. Et après, il y a le saut d’index.

Laurent Gérard
Les Belges attendront encore longtemps l’indexation de leur salaire
©Flemal

Les Belges sont partis pour une longue, très longue période sans indexation des salaires. Selon les dernières prévisions du Bureau fédéral du Plan, établies mardi, le franchissement de l’indice pivot, qui sert de déclencheur à l’indexation des salaires, des allocations sociales et des loyers, ne devrait se produire ni en 2015 (cela, on le savait déjà) ni en 2016 (ça, c’est nouveau).

Selon le Bureau du Plan, le taux d’inflation annuel devrait s’élever à 0,3 % en 2015 et 1,3 % en 2016, contre 0,34 % en 2014 et 1,11 % en 2013. L’indice santé (l’indice des prix à la consommation, duquel on a retiré l’alcool, le tabac et les carburants) ne devrait donc augmenter que de 0,6 % en 2015 et 1,1 % en 2016 (contre 0,40 % en 2014 et 1,24 % en 2013). En conséquence, le prochain dépassement de l’indice pivot par l’indice santé lissé (la valeur moyenne de l’indice santé des quatre derniers mois) ne se produirait pas avant 2017.

Théoriquement, l’indexation, censée préserver le pouvoir d’achat des Belges face à l’augmentation du coût de la vie, devrait donc se produire en 2017, au plus tôt. Mais avec le saut d’index décidé par la majorité N-VA/MR/CD&V/Open VLD et coulé dans une loi adoptée à la Chambre le 23 avril dernier, l’indice santé lissé est bloqué à son niveau de mars 2015. Et il le restera jusqu’au moment où une économie de 2 % sur les salaires et allocations aura été réalisée par les employeurs et l’Etat. Après cela, l’indice santé reprendra son évolution normale, et pourra à nouveau déclencher une indexation. Du coup, une nouvelle indexation des salaires ne devrait logiquement pas intervenir avant 2018, voire 2019, date d’entrée en fonction du prochain gouvernement.

Modération salariale

Pour rappel, le gouvernement Michel poursuit la politique de modération des salaires de son prédécesseur. La marge salariale fixée avec les interlocuteurs sociaux est de 0 % pour 2015, et de 0,8 % pour 2016. Avec ces mesures, le gouvernement espère réduire le handicap salarial par rapport aux pays voisins, doper la compétitivité des entreprises belges et créer de l’emploi.