Après l'annonce du contrôle des capitaux, les Grecs à la fois inquiets et résignés

Aucun mouvement de panique n'était perceptible dans les rues d'Athènes où les Grecs accueillaient l'information avec calme et résignation.

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Après l'annonce du contrôle des capitaux, les Grecs à la fois inquiets et résignés
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Après l'annonce par le Premier ministre grec Alexis Tsipras de l'instauration d'un contrôle des capitaux dimanche soir, aucun mouvement de panique n'était perceptible dans les rues d'Athènes où les Grecs accueillaient l'information avec calme et résignation.

Quelques minutes après l'allocution du Premier ministre grec, Alexis P., 23 ans, pianote encore sur son smartphone à la recherche d'informations, mais il n'a pas annulé sa sortie avec ses amis pour autant. "Je suis inquiet évidemment car nous avons de l'argent dans les banques et nous ne savons pas s'il est assuré. Mais la vie continue pour l'instant !", déclare-t-il.

A-t-il pris ses dispositions pour ne pas manquer d'argent cette semaine ? "Mes parents ont retiré ces derniers jours un peu d'argent. Mais le problème est combien de temps les banques vont-elles être fermées ?", s'interroge l'étudiant.

Yiannis Grivas, enseignant, ne semble pas du tout inquiet de la situation : "j'ai retiré mon salaire de 940 euros vendredi, j'ai de quoi vivre pour quelques semaines. Je n'ai pas peur d'un contrôle des capitaux, je ne retire jamais plus de 50 euros par jour..."

Dans le quartier chic de Kolonaki, Anna, 32 ans, se dirige vers un guichet de banque. Trop tard, "il n'y a plus d'argent", s'écrie-t-elle. Inquiète, elle espère que le 5 juillet le "peuple grec votera pour rester dans la zone euro et dans l'Union européenne" et que "le cauchemar prendra fin".

Le Premier ministre grec Alexis Tsipras a annoncé dimanche soir à la télévision la fermeture provisoire des banques grecques, et l'instauration d'un contrôle des capitaux, tout en invitant la population au sang-froid.

Le refus de l'Eurogroupe de prolonger le programme d'assistance à la Grèce au-delà du 30 juin "a conduit la BCE à ne pas augmenter la liquidité des banques grecques et a contraint la Banque de Grèce à activer les mesures de fermeture provisoire des banques et de limitation des retraits bancaires", a déclaré M. Tsipras, tout en assurant que "les dépôts des citoyens dans les banques grecques sont absolument garantis".


Obama et Merkel jugent "important" que la Grèce mène des réfomes "dans la zone euro"

Le président américain Barack Obama et la chancelière allemande Angela Merkel ont jugé dimanche "très important" que la Grèce revienne sur un chemin de réformes et de croissance "au sein de la zone euro", a rapporté dimanche la Maison Blanche. Dans un échange téléphonique au sujet de la crise grecque, les deux dirigeants "ont convenu qu'il était très important de prendre toutes les mesures pour revenir sur un chemin qui permette à la Grèce de mener à nouveau des réformes et de revenir à la croissance au sein de la zone euro", indique l'exécutif américain dans un communiqué.

M. Obama et Mme Merkel ont indiqué que leurs conseillers suivaient attentivement la crise grecque.

La Grèce se dirigeait tout droit vers le scénario catastrophe d'une possible sortie de l'euro, après son annonce fracassante vendredi soir d'un référendum sur les exigences de ses créanciers qui, excédés, ont fini par fermer la porte des négociations samedi.

La Banque centrale européenne a donné un peu de répit à la Grèce dimanche en maintenant "le plafond de fourniture de liquidités d'urgence aux banques grecques au niveau décidé vendredi".