La BCE maintient les prêts d'urgence aux banques grecques à leur niveau actuel

La Banque centrale européenne (BCE) a annoncé dimanche qu'elle maintenait à leur niveau actuel les prêts d'urgence accordés aux banques grecques, laissant de facto la porte ouverte à une solution politique pour éviter la déroute de l'économie grecque et le "Grexit".

La rédaction en ligne avec AFP
La BCE maintient les prêts d'urgence aux banques grecques à leur niveau actuel
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La Banque centrale européenne (BCE) a annoncé dimanche qu'elle maintenait à leur niveau actuel les prêts d'urgence accordés aux banques grecques, laissant de facto la porte ouverte à une solution politique pour éviter la déroute de l'économie grecque et le "Grexit".

"Au vu des circonstances actuelles, le conseil des gouverneurs a décidé de maintenir le plafond de fourniture de liquidités d'urgence aux banques grecques au niveau décidé vendredi", selon un communiqué. Le conseil "examine avec attention la situation et ses implications potentielles pour sa ligne de politique monétaire", précise le communiqué.

La Banque de Grèce promet elle de tout faire pour "assurer la stabilité financière".

Le président de la banque centrale de Grèce, Yannis Stournaras, a promis de tout faire pour "assurer la stabilité financière" de son pays et éviter la déroute de l'économie grecque.

"La Banque de Grèce, en tant que membre de l'Eurosystème, va prendre toutes les mesures nécessaires pour assurer la stabilité financière des citoyens grecs dans ces circonstances difficiles", a indiqué M. Stournaras, cité dans le communiqué de la BCE diffusé à l'issue d'une réunion du conseil des gouverneurs de l'institution.

Réunion du Conseil de stabilité financière

Par ailleurs, le ministère grec des Finances a annoncé, également dans un communiqué, que le Conseil de stabilité financière du pays se réunirait à 13h00 GMT. Aucune autre précision n'a été donnée par le ministère, qui n'a pas mentionné notamment qui y participerait effectivement. Ce conseil analyse et suit en permanence les évolutions du secteur financier. Il est composé du ministre des Finances, du vice-ministre des Finances, du gouverneur de la Banque de Grèce et de la Commission des marchés grecque.

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Varoufakis va travailler avec la BCE pour "minimiser le fardeau imposé à la Grèce"

Le ministre grec des Finances Yanis Varoufakis a déclaré à la BBC qu'il étudiera dimanche avec la Banque centrale européenne ce qui pourra être mis en oeuvre pour "minimiser le fardeau imposé" à la Grèce.

Le ministre, s'exprimant peu avant une réunion du conseil hellénique de stabilité systémique, a refusé de répondre explicitement à la question si les banques grecques allaient ouvrir lundi et si un contrôle des capitaux était devenu inévitable.

"C'est quelque chose que nous devons étudier avec les autorités compétentes ici en Grèce et à Francfort (...) Permettez-moi, en tant que ministre des Finances, de voir avec les Banques centrales grecque et européenne ce qui peut être mis en oeuvre pour minimiser le fardeau imposé à notre peuple par le refus par l'Europe de nos droits démocratiques les plus basiques", a-t-il souligné.

Évoquant des "heures sombres pour l'Europe", il a estimé qu'une union monétaire "qui ne peut garantir le bon fonctionnement des banques, surtout sous prétexte que le peuple grec a eu l'audace de réclamer son mot à dire sur son propre avenir, constitue un déni fondamental du principe même d'une union monétaire, en particulier entre Etats démocratiques".

"A la fois en tant qu'homme politique et en tant que citoyen européen, je trouve choquant le simple fait d'avoir de telles discussions dans le contexte d'une union monétaire", a-t-il insisté.

Les ministres des Finances de la zone euro ont refusé de prolonger d'une semaine le programme d'aide en cours, qui expire mardi 30 juin. Le gouvernement grec veut organiser le 5 juillet un référendum sur la proposition de ses créanciers (BCE, FMI et Commission européenne), proposition qui impose des réformes et des coupes budgétaires en échange d'un renflouement, et recommande de voter "non".

Après l'échec de leurs négociations des dernières semaines, la Grèce, qui semble condamnée au défaut de paiement, et ses partenaires doivent d'urgence ériger des digues pour éviter la fuite des capitaux de ce pays et toute contagion aux autres Etats européens.

L'annonce surprise du référendum à Athènes dans la nuit de vendredi à samedi a conduit nombre de Grecs aux distributeurs automatiques des banques, déjà vidées depuis décembre de 20% de l'épargne qu'elles abritaient.

Pour protéger les banques, les économistes imaginent leur fermeture pure et simple un, voire plusieurs jours, ainsi que le vote d'urgence d'une loi de contrôle des mouvements de capitaux.