Sous le choc de la crise grecque, les bourses européennes chutent

Les principales places financières européenes chutaient à l'ouverture lundi. Les bourses sont déstabilisées par les risques grandissants d'une sortie de la Grèce de la zone euro après l'échec des discussions avec ses créanciers et l'annonce surprise d'un référendum en Grèce. Revue boursière d'un lundi qui s'annonce noir.

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Sous le choc de la crise grecque, les bourses européennes chutent
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Les bourses européennes chutaient à l'ouverture lundi matin, sur fond de crise grecque.

A Bruxelles , le BEL20 perdait ainsi plus de 4% à 9h00 avant de se redresser quelques minutes plus tard, à -3,64% à 9h10.

Les marchés financiers étaient déstabilisés lundi en fin de matinée par les craintes de voir la Grèce sortir de la zone euro et la perspective d'un référendum, mais n'enregistraient aucun mouvement de panique.

Les marchés européens ont subi de plein fouet la dégradation de la situation en Grèce à l'ouverture, une réaction épidermique qui a laissé place à plus de mesure.

Vers 11H30 (09H30 GMT), la Bourse de Francfort perdait 3,06%, Paris 3,18%, Londres 1,57%, Madrid 3,68% et Milan 3,69%.

L'euro résistait à 1,1091 dollar, après être passé sous les 1,10 dollar dans les échanges asiatiques, contre 1,1160 dollar en fin de semaine dernière à New York.

Le marché de la dette était agité, mais sans excès. Le taux d'emprunt à 10 ans de la Grèce bondissait à 14,632%, au plus haut depuis fin 2012 (contre 10,845% vendredi à la clôture).


La (très mauvaise) surprise d'Athènes

Le Premier ministre grec Alexis Tsipras a provoqué la stupeur dans la nuit de vendredi et à samedi avec l'annonce d'un référendum sur les exigences de ses créanciers, prévu le 5 juillet après cinq mois de négociations avec l'UE, la BCE et le FMI. Le plan d'aide au pays va donc s'achever mardi 30 juin et la Grèce ne devrait pas être en mesure de rembourser une échéance de 1,5 milliard d'euros au FMI le même jour, augmentant la perspective du défaut de paiement et possiblement d'une sortie de la Grèce de la zone euro.

Dans la foulée, la Grèce a annoncé la fermeture des banques jusqu'au 6 juillet et l'instauration d'un contrôle des capitaux. La Bourse d'Athènes devrait quant à elle rester fermée lundi. En ne prolongeant pas le plan d'aide, les responsables européens "ont fait en sorte que les événements ne peuvent plus être contrôlés et ont ouvert la voie à un vote +non+" au référendum, selon M. Hewson.

La confusion de la situation conduit à "un mouvement de vente et à la volatilité", prévient Chris Weston, analyste chez IG. Un des enjeux de cette crise est de savoir si les investisseurs vont douter de la solidité de la zone euro et s'en prendre aux pays les plus fragiles, comme l'Espagne, l'Italie et le Portugal.

De leur côté, les responsables européens se sont voulus rassurants et ont indiqué que la zone euro pourrait surmonter une sortie de la Grèce.

Les espoirs d'un accord de dernière minute n'ont toutefois pas entièrement disparu notamment parce que la Banque centrale européenne (BCE) a donné un répit à la Grèce en maintenant intact le plafond de fourniture de liquidités d'urgence aux banques grecques (prêts ELA), alors que beaucoup craignaient qu'elle ne leur coupe les vivres.

Certains analystes, comme ceux de la banque suédois Nordea, estiment pour leur part que la possibilité d'un "Grexit" est prématurée, même si "l'horizon s'est encore assombri". "Lundi sera une journée volatile, mais nous ne nous attendons pas à une nouvelle crise financière", indiquent-ils.

Les marchés européens devraient vaciller dans le sillage de l'Asie, qui piquait du nez lundi, après avoir déjà dégringolé ces derniers jours. Outre la Grèce, les marchés asiatiques étaient minés par une survéluation des Bourses chinoises après leur envolée de ces derniers mois.


Intervention de la Banque nationale suisse sur le marché des changes

La Banque nationale suisse (BNS) est intervenue lundi sur le marché des changes, "afin de stabiliser les marchés", secoués par la crise grecque, selon le président de la BNS Thomas Jordan.

Au cours d'un forum sur la finance internationale à Berne, M. Jordan a déclaré lundi que la BNS "est intervenue pour la stabilisation du marché".

Depuis la suppression du cours plancher du franc suisse par rapport à l'euro, le 15 janvier dernier, la BNS a toujours indiqué qu'elle interviendrait sur le marché en cas de nécessité, a ajouté M. Jordan.

Les évènements survenus le week-end dernier concernant la Grèce, "justifient une telle action".

M. Jordan n'a donné aucune indication sur le montant de l'intervention.

C'est la première fois depuis le 15 janvier dernier, que la BNS indique explicitement être intervenue sur le marché des changes, pour empêcher une forte hausse du franc suisse, qui joue un rôle de valeur refuge en temps de crise.

Selon M. Jordan, la demande pour le franc suisse a augmenté. Et une appréciation de la devise helvétique est difficile pour l'économie suisse, car elle renchérit le prix des produits exportés.

Le franc suisse s'échangeait à 10h40 locales (8h40 GMT) autour de 1,04 CHF pour 1 euro, soit environ le même cours que vendredi dernier.


Les marchés asiatiques reculent sous l'effet de la crise grecque.


La Bourse de Shanghai a terminé lundi sur une chute de plus de 3%, modérant nettement ses pertes après avoir plongé de plus de 7% en séance, dans un marché poursuivant sa brutale correction après l'euphorie des derniers mois.

En clôture, l'indice composite shanghaïen a reculé de 3,34%, ou 139,84 points, à 4.053,03 points, tandis que la Bourse de Shenzhen abandonnait 6,06%, à 2.351,40 points.

La Bourse de Hong Kong a clôturé lundi en baisse de 2,61% dans un marché animé, plombée comme les autres grandes places financières par les craintes de voir la Grèce sortir de la zone euro après l'échec des discussions avec ses créanciers.

L'indice composite Hang Seng, qui avait ouvert à la baisse et perdait 4% à mi-séance, a terminé en retrait de 696,89 points, à 25.966,98 points, dans un volume d'affaires de 186,13 milliards de dollars de Hong Kong (21,66 milliards d'euros).

L'indice Nikkei de la Bourse de Tokyo a brutalement chuté de 2,9% lundi à la clôture à cause des risques liés à la crise grecque et à la hausse du yen. A l'issue de la journée, le Nikkei 225 a lâché 596,20 points à 20.109,95 points, après avoir frôlé en séance un plongeon de 3%.

L'indice élargi Topix de tous les titres du premier tableau a cédé 2,53% (-42,21 points) pour terminer à 1.624,82 points. La séance a été très active, avec 2,54 milliards de titres échangés sur le premier marché.

Les investisseurs se sont défaits des actions des entreprises japonaises en raison non seulement des craintes des répercussions de la crise grecque sur l'économie mondiale mais aussi et surtout pour échapper aux effets de la remontée du yen qu'entraîne cette situation.

La devise nippone est en effet considérée comme une valeur refuge: l'euro, qui valait encore 138,26 yens vendredi soir, ne cotait plus que 134,90 yens au moment de la fermeture de la place tokyoïte lundi.

Quant au dollar, il est dans le même temps passé de 123,89 yens à 122,45 yens.


Les taux obligataires des pays du sud de l'Europe décollent

Les taux d'emprunt des pays du sud de la zone euro se tendaient très fortement lundi matin à l'ouverture sur le marché de la dette, en raison des risques importants d'une sortie de la Grèce de la zone euro.

Peu après 08H00 (06H00 GMT), le taux à 10 ans de l'Espagne montait à 2,720% contre 2,150% vendredi à la clôture sur le marché où s'échange la dette déjà émise. Celui de l'Italie grimpait à 2,598% (contre 2,110%).


Les cours du pétrole reculent à cause de la Grèce

Les cours du pétrole étaient en baisse lundi en Asie tout comme les Bourses du continent inquiètes face à la crise grecque. Le cours du baril de "light sweet crude" (WTI) pour livraison en août perdait 82 cents, à 58,81 dollars, tandis que le baril de Brent de la mer du Nord pour livraison à même échéance cédait 70 cents, à 62,56, 40 dollars.

Les marchés asiatiques étaient en repli, de même que l'euro, plombés par les craintes de voir Athènes sortir de la zone euro alors que la Grèce a fermé ses banques et instauré un contrôle des capitaux.

Daniel Ang, analyste chez Phillip Futures à Singapour, a jugé que l'affaiblissement de l'euro "pourrait conduire à de nouvelles baisses de cours du brut".

Les marchés surveilleront aussi de près les négociations entre l'Iran et les grandes puissances à Vienne. Un accord doit garantir que le programme nucléaire iranien sera uniquement civil, en échange d'une levée des sanctions internationales.

Dans un tel cas, l'Iran serait à même de produire un million de barils de pétrole par jour supplémentaires dans les six mois qui suivent, selon Téhéran.

Vendredi à la clôture, le baril de WTI avait cédé sept cents 59,63 dollars sur le New York Mercantile Exchange (Nymex).

A Londres, le baril de Brent de la mer du Nord pour livraison en août a terminé la séance avec une hausse presque symétrique de 6 cents, à 63,26 dollars, sur l'Intercontinental Exchange (ICE) de Londres.


L'euro glisse sous 1,10 dollar, en raison des craintes sur la Grèce

L'euro est tombé lundi matin sous 1,10 dollar dans les premiers échanges en Asie, les investisseurs fuyant le risque lié à la crise grecque.

A 06H50 à Tokyo (dimanche 21H50 GMT), l'euro valait 1,0970 dollar, contre 1,1160 vendredi vers 21H00 GMT. Il n'était pas passé sous 1,10 dollar depuis le début du mois et était même monté à plus de 1,13 dollar il y a une semaine.

La monnaie européenne baissait aussi fortement face à la devise japonaise (qui sert de valeur refuge), à 133,80 yens au lieu de 138,26 yens.

Cette chute risque d'entraîner celle des actions lundi matin à la Bourse de Tokyo, d'autant que le dollar déclinait également face à la monnaie nippone, à 122,22 yens contre 123,89 yens. "La possibilité d'un défaut de paiement de la Grèce prend un goût de réel", a commenté pour le Nikkei un économiste de Dai-ichi Life.



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