"Accord" pour sortir de la crise grecque au bout d'un week-end de tous les dangers

Après de longues négociations, un accord a été trouvé entre les dirigeants de la zone euro au sujet de la crise grecque. Le Grexit, même temporaire, est évité. Découvrez les premiers détails de l'accord et les perspectives des prochains jours.

Rédaction en ligne, avec AFP et Belga
"Accord" pour sortir de la crise grecque au bout d'un week-end de tous les dangers
©Montage LLB

Un petit quart d'heure avant l'ouverture des marchés boursiers, le Premier ministre belge Charles Michel a annoncé via son compte Twitter qu'un accord avait été trouvé au terme de longues heures de négociations pour résoudre la crise grecque.

Le président du Conseil européen a confirmé la nouvelle quelques instants plus tard sur son compte Twitter. Donald Tusk évoque un accord "à l'unanimité" au sujet de mesures que la Grèce devra mettre en place pour bénéficier de ce troisième plan d'aide, à savoir "de sérieuses réformes et un soutien financier".



Les premiers détails de l'accord

"Le Grexit a disparu" a solennellement annoncé Jean-Claude Juncker dans la foulée, en conférence de presse. Jeroen Dijsselbloem, président de l'Eurogroupe, a apporté quelques précisions quant à ce projet de nouveau plan d'aide, dont l'ampleur serait de 80 milliards d'euros, selon les termes de François Hollande.

Dijsselbloem a ainsi affirmé que le fonds d'actifs grecs sera basé en Grèce et non pas au Luxembourg, comme cela avait été envisagé. Un affront de moins pour la Grèce, mais le montant de ces actifs reste planifié à 50 milliards, comme l'exigeaient les Allemands.

"25 milliards d'euros seront utilisés pour la recapitalisation du secteur bancaire grec" a ajouté le président de l'Eurogroupe. Angela Merkel a précisé que l'Eurogroupe était prêt, si nécessaire, à accorder un délai de grâce et des échéances plus longs après un examen initial du programme grec. "Il y aura un reprofilage de la dette grecque qui passera par un allongement des échéances", explique François Hollande.

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Que va-t-il se passer dans les prochains jours ?

"Dans les prochains jours, mardi ou mercredi, les Grecs légiféreront. Le plan dans son ensemble devra être approuvé, mais aussi les premières actions" exigées par les créanciers, a déclaré M. Dijsselbloem à la presse à l'issue du sommet de l'Eurogroupe.

"Une fois que cela a été fait, nous aurons un Eurogroupe téléphonique, probablement mercredi, qui sera le signal pour les autres Parlements (...) mercredi, jeudi ou vendredi", a-t-il ajouté, soulignant que les Parlements étaient bien évidemment souverains.

"Quand ils auront fait cela, nous aurons alors une décision plus formelle" pour démarrer les négociations, a précisé M. Dijsselbloem.

Lundi après-midi aura lieu une autre réunion de l'Eurogroupe qui devra notamment décider d'une solution transitoire pour permettre à la Grèce de tenir financièrement jusqu'à la mise en oeuvre du plan.



La parole est aux Parlements

Le Parlement grec devra donc se prononcer dans les heures qui viennent. Un vote de confiance qui s'annonce délicat, vu plusieurs décisions difficiles sorties des négociations de l'Eurogroupe. Plusieurs membres du gouvernement et députés du parti Syriza ont déjà fait savoir qu'il serait impossible pour la majorité au gouvernement d'obtenir un vote positif ce lundi. Une majorité alternative, complétée par des partis plus traditionnels, pourrait combler ces abstentions des membres de la majorité.

En cas d'accord du parlement grec, les autres chefs d'État pourront alors soumettre les décisions prises à Bruxelles à la confiance de leurs assemblées respectives. François Hollande soumettra ainsi cette décision au vote de l'Assemblée nationale mercredi, mais parle déjà d'une "bonne nuit pour l'Europe". Quant à Angela Merkel, elle affirme pouvoir recommander l'ouverture de ces discussions d'aide "avec entière confiance" au Parlement allemand.

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La chancelière allemande a ajouté que la Grèce demanderait une nouvelle aide au FMI en mars 2016, lorsque le programme d'aide actuel du Fonds monétaire international aura expiré. "L'accord comprend une large palette de réformes au moyen desquelles, je crois, la Grèce a la chance de revenir sur le chemin de la croissance" a poursuivi Angela Merkel, concluant que "le chemin sera long et, si j'en crois les négociations de cette nuit, difficile."