Wall Street finit en nette baisse, les Bourses européennes rebondissent

L'indice vedette Dow Jones Industrial Average a encore perdu 1,17%, le Nasdaq a cédé 0,44%.

afp

La Bourse de New York a terminé la séance de mardi en nette baisse, les investisseurs préférant rester prudents après une semaine de violente correction due aux inquiétudes sur les risques liés au ralentissement économique chinois.

Selon des résultats provisoires à la clôture, l'indice vedette Dow Jones Industrial Average a encore perdu 1,17%, soit 186,40 points, à 15.684,95 points au lendemain de sa pire séance en quatre ans. Le Nasdaq à dominante technologique a cédé 0,44%, soit 19,76 points, à 4.506,49 points.

Après avoir fortement dévissé lundi, les places financières européennes ont repris du poil de la bête mardi, soutenues par les mesures de relance annoncées par la Chine. Le Bel 20, qui avait clôturé lundi sur une baisse de 4,99%, a bondi d'environ 4% mardi. A la clôture, Londres a progressé de 3,09%, Paris de 4,14%, Francfort de 4,97%, Madrid de 3,68%, Milan de 6,0% et Amsterdam de 4,05%.


La Bourse de Bruxelles termine en forte hausse

La Bourse de Bruxelles a rebondi mardi et regagné une bonne partie du terrain perdu la veille, avec une hausse de 4,11% à 3.399,67 points. Lundi, elle avait dévissé, comme la plupart des Bourses européennes, en raison de craintes pour l'économie mondiale, dans le sillage des marchés asiatiques. Elle avait perdu 4,99%, connaissant sa pire journée depuis septembre 2011.

Mardi, les plus fortes progressions ont concerné le bancassureur KBC (+6,58% à 57,96 euros), alors qu'il avait perdu 4,56% la veille), le groupe diversifié Ackermans & Van Haaren (+5,85% à 130,20 euros) ou encore l'opérateur téléphonique Proximus (ex-Belgacom), qui a pris 4,90% à 31,50 euros après avoir cédé 5,06% lundi.

Parmi les autres fortes hausses, le groupe de distribution Delhaize, qui avait perdu 7,13% lundi, a repris 4,66% à 77,74 euros, et le brasseur AB InBev, qui avait cédé 5,38% lundi, a regagné 4,20% à 95,11 euros.

Toutes les valeurs vedettes du Bel 20 ont terminé en hausse, sauf une: celle de l'assureur néerlandais Delta Lloyd, qui n'en finit pas de dégringoler depuis plusieurs semaines et a encore cédé 0,70% à 9,40 euros.


La Bourse de Shanghai dégringole encore

La Bourse de Shanghai a clôturé mardi sur un plongeon de plus de 7%, après avoir déjà dévissé de 8,5% la veille, dans un marché affolé par l'affaiblissement persistant de l'économie chinoise et s'interrogeant sur les mesures de soutien des autorités.

L'indice composite s'est effondré de 7,63% soit 244,94 points, à 2.964,97 points, dans un volume d'échanges de 359 milliards de yuans (48,7 milliards d'euros). De son côté, la Bourse de Shenzhen a chuté de 7,09% à 1.749,07 points. La place shanghaïenne a prolongé la débâcle des dernières séances: elle s'était déjà effondrée lundi de 8,49%, sa plus forte baisse journalière en huit ans, après avoir abandonné quelque 11% la semaine dernière.

"Les investisseurs sont terrifiés, et n'osent plus acheter --y compris les titres dont les fondamentaux sont solides et les prix attractifs-- car ils ignorent jusqu'où le marché va s'enfoncer", a déclaré à l'AFP Zhang Qun, analyste du courtier Citic Securities.

Les marchés chinois s'étaient envolés de 150% en l'espace d'un an, dopés par un endettement massif et déconnectés de l'économie réelle, avant de s'effondrer à partir de mi-juin: depuis, la Bourse de Shanghai a perdu plus de 40%... et continue de creuser ses pertes. Elle a désormais effacé tous ses gains de l'année, s'enfonçant sous le seuil symbolique des 3.000 points, en-deçà de son niveau du 31 décembre 2014.

Après des interventions répétées du gouvernement pour stabiliser les Bourses --notamment via des achats massifs de titres par des organismes publics--, les investisseurs redoutent désormais de voir les autorités retirer prématurément leur soutien. "Les investisseurs (chinois) paniquent et vendent tous azimuts. Ils ont perdu toute confiance, et il y a de la marge pour que le marché dégringole encore", commentait Wei Wei, analyste du courtier Huaxi Securities.

"Le gouvernement ne va pas intervenir pour sauver le marché une nouvelle fois, car c'est une crise plus générale qui s'étale partout. Ca ne va pas marcher cette fois-ci", a-t-il estimé, cité par l'agence Bloomberg. De fait, le tableau économique ne cesse de s'assombrir et les indicateurs décevants se succèdent (chute des exportations, violente contraction de l'activité manufacturière en août...).

Dans le sillage de la Chine, les places boursières en Asie, en Europe et aux Etats-Unis ont décroché de concert lundi, et les marchés asiatiques rechutaient mardi. "Ce n'est pas possible d'interrompre à court terme la déroute des marchés chinois", à moins d'interventions de très grande ampleur des autorités, a assuré à l'AFP Gui Haomin, du courtier Shenwan Hongyuan.

Les investisseurs chinois --pour l'écrasante majorité des particuliers et des petits porteurs-- semblent désormais suspendus à d'éventuelles mesures supplémentaires du gouvernement, mais surtout à de nouvelles décisions d'assouplissement monétaire pour soutenir l'économie dans son ensemble.


La Bourse de Tokyo rechute de près de 4% à la clôture

L'indice Nikkei de la Bourse de Tokyo a rechuté mardi de près de 4% à la clôture, retombant dans les affres de la veille malgré un rebond en fin de matinée qui semblait signaler un retour au calme des investisseurs.

Le Nikkei des 225 valeurs vedettes a cédé 3,96% (-733,98 points) à 17.806,70 points, au plus bas en six mois, au lendemain d'un plongeon de 4,61%, alors que dans le même temps, Hong Kong et Shanghai accentuaient leur repli.

Après un démarrage en forte baisse, le Nikkei avait basculé dans le vert à la mi-journée, gagnant plus de 1,50%, mais il n'est pas parvenu à maintenir cette avance.