Microfissures : l’AFCN assure qu’elle a le temps

L’Agence de contrôle nucléaire a répondu aux déclarations du patron d’Engie qui déclare que l'arrêt des deux centrales coûtait cher au groupe français.

Engie CEO
©AFP
Laurent Lambrecht

On a beaucoup reparlé de Doel 3 et de Tihange 2 ces derniers jours. Pour rappel, ces deux réacteurs nucléaires sont à l’arrêt depuis le 25 mars 2014, suite à la découverte de défauts dus à l’hydrogène dans leur cuve, ce qu’on appelle communément les microfissures. Ce week-end, Gérard Mestrallet, le PDG d’Engie, a déclaré que l’arrêt de ces deux centrales coûtait cher au groupe français. Ce n’est pas étonnant, le coût de l’indisponibilité de Doel 3 et Tihange 2 est évalué à 40 millions d’euros par mois.

Gérard Mestrallet a ajouté qu’il n’était pas certain que les deux réacteurs seraient relancés début novembre et qu’il n’avait pas la main sur cette décision. Pour rappel, c’est l’Agence fédérale de contrôle nucléaire (AFCN) qui doit donner son aval avant une éventuelle relance. Certains ont donc interprété cette sortie de Gérard Mestrallet comme une volonté de faire pression sur l’agence.

De son côté, l’AFCN a répété ce lundi qu’elle n’était tenue pas aucun agenda. Il y a quelques mois, Jan Bens, le patron de l’AFCN, avait déclaré à la Chambre qu’il espérait qu’une décision soit prise avant la fin de l’année. Cela pourrait donc prendre plus de temps.

Jan Bens décidera seul

"Notre mandat est d’assurer la sécurité des citoyens et non la sécurité d’approvisionnement en électricité, explique Sébastien Berg, porte-parole de l’AFCN. Si le dossier le requiert, la décision pourrait tomber l’année prochaine."

De nombreuses parties sont impliquées dans ce dossier ultra-complexe. On touche ici aux limites des connaissances scientifiques. AIB Vinçotte a été chargé de valider la machine à ultrasons qui a inspecté les cuves en acier des réacteurs. Un laboratoire américain est lui chargé d’étudier l’impact que peuvent avoir les microfissures sur la structure en acier. Enfin, l’AFCN et sa filiale Bel V analyseront l’ensemble du dossier.

Lorsque tout ce travail sera terminé, un avis sera transmis au comité de pilotage composé de quatre représentants de BEL V et trois de l’AFCN. Ensuite, le comité transmettra son avis à Jan Bens, qui sera formellement le seul à prendre la décision. "C’est lui qui endossera la responsabilité d’un arrêt ou d’un redémarrage", explique Sébastien Berg.

Prévoir le pire

Selon l’agence Belga, Marie-Christine Marghem (MR) s’est dite prête au scénario "le plus dur" : à savoir que Doel 3 et Tihange 2 ne redémarreront pas. La disponibilité des deux réacteurs est effectivement une donnée importante en ce qui concerne l’hiver prochain, et le risque de pénurie d’électricité.

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