Le drone, future aide à l’expertise en assurance

Axa et Dekra prêts à se lancer dans l’expertise par drone, dès que la législation le permettra.

Patrick Dath-Delcambe

Axa et Dekra prêts à se lancer dans l’expertise par drone, dès que la législation le permettra.

Les drones seront-ils, demain, l’un des outils de travail privilégiés des experts chargés de se rendre sur le lieu de sinistres ?

Une expérience… pilote est en tout cas actuellement menée par la société Dekra, spécialisée dans l’expertise, et la compagnie d’assurances Axa.

Les deux partenaires fourbissent en tout cas leurs armes dans l’attente de l’arrivée de la législation sur l’emploi des drones.

Lorsque le texte de loi sera connu, sans doute vers la mi-décembre, plus rien ne s’opposera sur le plan légal à ce qu’un drone soit appelé à la rescousse pour établir l’ampleur d’un sinistre incendie dans une entreprise ou encore des dégâts causés par une tempête de grêle à des cultures ou aux habitations de tout un quartier.

"C’est un outil d’expertise très innovant", explique Tom Coorevits, CEO de Dekra, qui est la première société d’expertise présente en Belgique à se doter d’un tel outil.

Facile et rapide

De quoi faciliter le travail d’expertise. "Parfois, je dois grimper très haut à l’échelle ou utiliser un élévateur qui me monte une dizaine de mètres au-dessus du niveau du sol. Ce n’est pas toujours très sécurisant", témoigne Firmin Claus, expert chez Dekra.

De quoi aussi augmenter la rapidité de l’expertise et la fiabilité : plus besoin de se faufiler dans les gravats d’une entreprise ou de parcourir des champs de plusieurs hectares pour déterminer l’ampleur réelle du sinistre. Le drone, lui, survolera le tout avec une déconcertante facilité et rapidité, et son utilisation est bien moins coûteuse que le recours à un hélicoptère, si nécessaire.

Surtout, les images du drone seront en quelque sorte incontestables, là où l’assuré pourrait toujours récuser le rapport établi par l’expert désigné par l’assureur. "Avec ce type de technologie, l’expertise est donc plus rapide mais aussi très transparente", note Laurent Winnock, directeur de la communication chez Axa. "Le client sera assuré que le rapport d’expertise correspond bien aux dégâts. Cela peut augmenter la confiance du client envers son assureur."

"Cela élimine les discussions", estime, pour sa part, Firmin Claus. Rien n’empêchera le client d’être présent lors du vol du drone, et de suivre l’expertise sur écran.

Pour les particuliers, l’utilisation pourrait intervenir quand tout un quartier a été touché par une tempête de grêle, par exemple. Plutôt de multiplier les visites dans chaque habitation assurée par Axa, le drone pourrait donc accélérer l’expertise.

Restera bien entendu à régler la question du respect de la vie privée : les voisins non assurés chez Axa devront accepter le survol du drone.

Le drone pourrait également être utilisé pour des collisions en chaîne sur l’autoroute, par exemple. De quoi avoir une vue d’ensemble de la situation et permettre de mieux déterminer les responsabilités.

Le recours au drone n’en est qu’aux balbutiements. Et pourquoi pas, dans une phase future, utiliser le drone comme outil de prévention, par exemple en inspectant par exemple la toiture de la maison d’un assuré ?