Centrales à l’arrêt ou prolongées: voici ce qui nous attend

Les annonces autour de Doel 1 - Doel 2 et de Tihange 2 - Doel 3 se succèdent. Décodage de cette actualité nucléaire.

Doel , Belgium August , 25/2014 Nuclear reactors Electrabel Electrabel GDF SUEZ Nuclear Energy Electricity Doel Belgium . Electrabel operates seven nuclear reactors: four in Doel and three in Tihange with a total capacity of almost 6 000 MW. They count 2 000 collaborators and their production covers about 55% of the electricity consumption in Belgium. Discover here also other figures and facts and actual information about the two nuclear sites. On this picture : the village of Doel © Reporters / Michel Gouverneur
Doel , Belgium August , 25/2014 Nuclear reactors Electrabel Electrabel GDF SUEZ Nuclear Energy Electricity Doel Belgium . Electrabel operates seven nuclear reactors: four in Doel and three in Tihange with a total capacity of almost 6 000 MW. They count 2 000 collaborators and their production covers about 55% of the electricity consumption in Belgium. Discover here also other figures and facts and actual information about the two nuclear sites. On this picture : the village of Doel © Reporters / Michel Gouverneur ©© Reporters Press Agency M.Gouv
Laurent Lambrecht

Plusieurs annonces autour du nucléaire ont animé la journée de jeudi. D’une part, le groupe français Engie a prolongé la durée d’indisponibilité de Doel 3 et Tihange 2. D’autre part, l’Agence fédérale de contrôle nucléaire (AFCN) a validé le calendrier des travaux que devra réaliser Electrabel avant la prolongation décennale de Doel 1 et Doel 2. Petit décodage de cette actualité atomique en trois questions.

1. L’indisponibilité de Doel 3 et de Tihange 2 va-t-elle nous plonger dans le noir cet hiver ? Pour rappel, Doel 3 et Tihange 2 sont à l’arrêt depuis le 25 mars 2014, suite au problème des défauts décelés dans la cuve des deux réacteurs. En tant qu’exploitant, Electrabel est tenu de notifier au marché toute indisponibilité de ses unités de production. Alors que la durée d’inactivité présumée de Doel 3 et Tihange 2 était jusqu’ici fixée au 1er novembre, celle-ci a été portée au 1er janvier 2016. Est-ce inquiétant pour l’hiver à venir ? Rappelons que les analyses d’Elia (le gestionnaire de réseau) sur le risque de pénurie d’électricité ont toujours tenu compte de l’indisponibilité de Doel 3 et Tihange 2. Même si la relance de ces deux réacteurs aurait pratiquement écarté tout risque de pénurie d’électricité, cette annonce ne change donc pas fondamentalement la donne. Précisons également que la Creg a relativisé le risque de pénurie d’électricité dans une récente étude. Selon le régulateur fédéral, la réserve stratégique n’aurait pas dû être activée l’hiver dernier, même si la température avait été inférieure de 9 degrés.

2. Doel 1 et Doel 2 seront-ils bientôt prolongés ? Le 28 juin dernier, la Chambre a voté la loi prolongeant de dix ans Doel 1 et Doel 2. Cette prolongation ne sera effective que si deux conditions sont remplies. Premièrement, l’accord de principe entre Electrabel et le cabinet Marghem autour des conditions économiques de cette relance doit être coulé dans une loi. Parmi les points clés figure le montant de la taxe qui sera dorénavant appliqué sur la production nucléaire. Ensuite, l’Agence fédérale de contrôle nucléaire doit donner son feu vert avant tout prolongation. A ce propos, une étape a été franchie ce jeudi. En effet, l’AFCN a annoncé qu’elle avait marqué son accord sur le calendrier des travaux proposé par Electrabel. "Il ne s’agit pas encore d’un feu vert , précise Sébastien Berg, porte-parole de l’AFCN. Le feu vert définitif sera donné quand les actions prioritaires seront réalisées."

3. L’AFCN brade-t-elle la sécurité ? Cette annonce a en tout cas fait bondir les écologistes. "L’AFCN a revu à la baisse ses exigences , explique Jean-Marc Nollet, le chef de groupe Ecolo à la Chambre. Des actions considérées comme prioritaires lors de la prolongation de Tihange 1 ont été rétrogradées dans la catégorie non prioritaire." Bien que la sécurité d’approvisionnement ne fasse pas partie de son mandat, l’AFCN reconnaît qu’elle s’est "adaptée aux discussions politiques" . En effet, le calendrier pour la mise aux normes de Doel 1 et Doel 2 est très serré. Alors que la décision de prolonger Tihange 1 avait été prise trois ans avant la mise à l’arrêt prévue du réacteur, les délais ne sont que de quelques mois dans les cas de Doel 1 et Doel 2.

"L’AFCN se met à genou devant Electrabel et le gouvernement , déplore Jean-Marc Nollet. Il n’est pas normal que l’inspection de l’Agence internationale de l’énergie atomique n’ait lieu qu’en 2017, près de deux ans après la prolongation des deux réacteurs. Dans le cas de Tihange 1, cette inspection internationale avait été réalisée avant la prolongation." De son côté, l’AFCN écarte tout risque pour la sécurité. "Nous ne sommes pas complètement rigides , explique Sébastien Berg. Parmi les actions considérées comme prioritaires dans le cas de Tihange 1, il y en a certaines qu’il n’était pas absolument nécessaire de réaliser avant la prolongation."


Marie-Christine Marghem sera l'invité du samedi de Lalibre.be!

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