Brésil: la crise réussit au Pain quotidien

L’enseigne belge cherche des investisseurs pour doubler sa présence dans le pays.

Raphaël Meulders
Brésil: la crise réussit au Pain quotidien

La samba a, pour le moment, des allures tristes pour les millions de Brésiliens qui voient leur pays s’enfoncer dans la crise. Le Brésil devrait clôturer l’année en récession (-3 % du produit intérieur brut) et 2016 ne s’annonce guère plus brillante pour "l’éternel pays d’avenir", comme le surnommait Georges Clémenceau.

Mais, grâce notamment à un effet de change favorable, certains investisseurs étrangers tirent leur épingle de ce marasme économique. C’est notamment le cas des Belges du Pain quotidien qui comptent quasiment doubler leurs activités dans le pays dans les prochains mois. "Nous venons d’ouvrir notre cinquième restaurant en octobre, le sixième viendra avant la fin de l’année et en 2016, nous allons en ouvrir trois autres, peut-être même quatre", explique Harold de Fierlant, qui dirige la franchise belge au Brésil.

Le jeune dirigeant a de grandes ambitions et remet le couvert avec une nouvelle levée de fonds de deux millions d’euros en Belgique. "L a grande majorité de nos actionnaires sont des investisseurs privés belges", explique-t-il. Le Pain quotidien entre donc dans une phase d’investissement, alors que les perspectives sont loin d’être réjouissantes pour le géant sud-américain.

"D’après les analystes brésiliens, il n’y a aucun espoir de sortie de crise pour 2016. Certains entrevoient, au mieux, une éclaircie pour 2017", développe M. de Fierlant.

L’enseigne belge fait figure d’exception dans le paysage brésilien avec un chiffre d’affaires en progression de 16 % depuis le début de l’année. "Dans un marché de la restauration où la moyenne tourne autour d’une chute de 8 à 10 % du chiffre d’affaires, c’est plutôt pas mal, non ?"

Opportunités immobilières

Selon M. de Fierlant, il existe différentes raisons expliquant cette bonne santé du Pain quotidien au Brésil. "Nous avons une clientèle de haut standing qui souffre moins de la crise que les autres classes de la population." La chute brutale de la monnaie locale, le real qui est au plancher par rapport à l’euro, offre aussi des aubaines pour les investisseurs du Vieux Continent. "L’un de nos plus grands challenges lors de notre arrivée au Brésil en 2012, a été de trouver des emplacements intéressants. Avec la crise, les propriétaires sont plus ouverts à la négociation."

Le Pain quotidien emploie désormais 168 salariés au Brésil et devrait continuer son expansion à São Paulo, la capitale économique du pays. "Cela a été facile de nous faire connaître ici car les habitants de São Paulo aiment voyager à New York où nous sommes omniprésents, constate M. de Fierlant. Nous avons repéré quinze emplacements à São Paulo, puis nous nous installerons peut-être à Brasilia, ou dans le sud du Brésil qui est plus européanisé et plus réceptif à notre concept."

L’enseigne propose une carte avec 80 % de produits "belges" et 20 % adaptée au marché local. "Nous n’avons pas vraiment de concurrents, car nous sommes les seuls à proposer à la fois un restaurant, une boulangerie et un magasin dans un seul établissement", conclut le dirigeant.