N-Side s’est forgé une expertise mondiale

N-Side vient de fêter ses quinze ans. La spin-off de l’UCL a soif de croissance.

N-Side s’est forgé une expertise mondiale
V.S.

N-Side vient de fêter ses quinze ans. La spin-off de l’UCL a soif de croissance.

Développer des modèles mathématiques qui permettent d’optimiser les processus de décision des grandes entreprises. Telle est la mission de la société N-Side, spin-off de l’UCL, qui a fêté cette semaine son quinzième anniversaire et organisé une conférence de haut niveau à Louvain-la-Neuve sur les thèmes de la gestion de l’énergie, de l’innovation et des énergies renouvelables.

L’aventure N-Side démarre en 2000. Philippe Chevalier, professeur à la Louvain School of Management, décroche alors plusieurs contrats de recherche. Objectif : aider les entreprises, au départ de logiciels mathématiques et de processus de modélisation, à une utilisation plus optimale de leurs ressources tout en réduisant leurs risques. Le nom N-Side, dont le slogan est "Optimizing your decisions", s’explique en effet par la combinaison de "N" pour "nombres", qui renvoie à l’analyse des données, tandis que Side illustre la volonté d’aborder les différentes facettes de la gestion de l’entreprise, dans sa globalité et sa complexité.

Beaucoup de potentiel

"Dans les entreprises, cela reste encore une démarche assez neuve. Beaucoup d’entre elles ne se rendent pas compte du potentiel à tirer et des gains qui peuvent être générés par ces processus d’optimisation. Il reste une barrière à franchir et il y a encore un grand travail pour faire connaître ce potentiel", nous expliquent Philippe Chevalier, président de N-Side, et Jacques Parlongue, qui a rejoint il y a un an l’entreprise en tant que CEO.

Et d’ajouter : "Nous allons beaucoup plus loin qu’une simple analyse des données de l’entreprise. Nous sommes dans une deuxième vague, au-delà du ‘big data’. Le but est de développer des modèles qui reposent sur des aspects prédictifs mais aussi prescriptifs. N-Side fait le lien dans sa démarche entre l’analyse des processus industriels de l’entreprise et la création de valeur économique."

90% des ventes à l’étranger

Le chemin parcouru en 15 ans par N-Side est impressionnant. Relativement discrète en Belgique, l’entreprise s’est pourtant forgée une réputation mondiale. N-Side emploie actuellement une trentaine de personnes, principalement des ingénieurs en mathématiques appliquées, dont plus de la moitié ont un doctorat. Son chiffre d’affaires devrait, lui, s’élever aux alentours des 4 millions d’euros, en croissance de 40 % par rapport à l’an dernier. Et fait plutôt exceptionnel pour une entreprise belge, 90 % de son chiffre d’affaires est réalisé en dehors de nos frontières dont 50 % en dehors d’Europe.

Il faut dire que cette "success story" - qui délivre ses services exclusivement à de grandes multinationales - compte notamment dans son portefeuille de clients des grands noms de l’industrie pharmaceutique : 12 entreprises du top 20 mondial utilisent les solutions N-Side qui permettent d’optimiser la logistique pour les essais cliniques. Mais les secteurs de la sidérurgie (aide à la décision pour le choix des matières premières), la logistique et l’industrie ne sont pas oubliés. Mais c’est un autre secteur, celui de l’énergie, où N-Side s’est illustrée récemment. N-Side a effet développé un algorithme, dénommé Euphemia, qui permet de calculer, notamment en fonction de l’offre et de la demande sur l’ensemble des marchés nationaux, les tarifs et les volumes d’électricité pour les prochaines 24 heures sur l’ensemble du réseau européen.

L’Asie en ligne de mire

N-Side ne compte pas s’arrêter là. L’entreprise a récemment réalisé une augmentation de capital et fait rentrer de nouveaux actionnaires privés dans son tour de table. On y retrouve notamment des personnalités comme Jean Stephenne (GSK Biologicals), Jacques van Rijckevorsel (Solvay) ou encore Gaëtan Hannecart (Matexi). De quoi renforcer encore un peu plus l’expertise de la société de Louvain-la-Neuve.

Car déjà présente via des bureaux aux Etats-Unis et au Brésil, le regard de N-Side se tourne désormais vers l’Asie. "L’Inde, la Chine et le Japon sont des territoires que nous prospectons", confirment Philippe Chevalier et Jacques Parlongue.