Kris Peeters constate un "point de basculement" dans la compétitivité de l'économie belge

Entre 2013 et 2014, le coût salarial unitaire a moins augmenté dans notre pays qu'en Allemagne, qu'en France et aux Pays-Bas pendant que, dans le même temps, la productivité a continué à augmenter en Belgique, ressort-il du 2e Tableau de bord de la compétitivité de l'économie belge, présenté mercredi.

Kris Peeters constate un "point de basculement" dans la compétitivité de l'économie belge
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Belga

Entre 2013 et 2014, le coût salarial unitaire a moins augmenté dans notre pays qu'en Allemagne, qu'en France et aux Pays-Bas pendant que, dans le même temps, la productivité a continué à augmenter en Belgique, ressort-il du 2e Tableau de bord de la compétitivité de l'économie belge, présenté mercredi. 

"Cela constitue un point de basculement important", a commenté le ministre de l'Economie Kris Peeters (CD&V), "car après le léger recul de la compétitivité-coût en Belgique entre 2008 et 2013, nous renouons à présent avec une économie favorable". Une première édition du Tableau de bord avait été publiée en juin dernier. Celui-ci observe la compétitivité de la Belgique au moyen d'une quarantaine d'indicateurs, groupés autour de quatre thèmes, et où les prestations belges sont comparées à celles des pays voisins.

Kris Peeters a souligné mercredi que la compétitivité de la Belgique est à la fois supérieure aux pays voisins, mais également à la moyenne de la zone euro. Elle s'est en outre améliorée par rapport au mois de juin, notamment grâce à une évolution "surprenante" et favorable du coût salarial unitaire, pour la première fois depuis 2008, alors que celui-ci est souvent pointé du doigt lorsqu'il s'agit de la compétitivité de nos entreprises. Le ministre attribue cette amélioration au pacte de compétitivité qui a vu le jour sous le précédent gouvernement. "Nous imaginons que le taxshift aura également un effet très positif ultérieurement", a-t-il dit.

Alors que le coût salarial unitaire a baissé de 0,1% en Belgique, il a connu le phénomène inverse dans les pays voisins. "Nous ne pouvons cependant pas nous reposer sur nos lauriers", a souligné M. Peeters. Le coût par travailleur reste en effet supérieur à celui constaté en Allemagne, en France et aux Pays-Bas.

Le Tableau de bord pointe toutefois également quelques importants points à améliorer, parmi lesquels les finances publiques, le climat fiscal et le marché du travail. Le taux d'emploi de la Belgique (67,3%) est inférieur à la moyenne de la zone euro et des pays voisins. "Une légère hausse en 2013 n'a pas encore su inverser cette tendance", constate le ministre de l'Economie, ajoutant que le taux de chômage élevé chez les jeunes de moins de 25 ans et parmi les personnes peu qualifiées restent problématiques.

L'intensité énergétique de l'économie belge est par ailleurs plus élevée qu'au sein des pays voisins. Le prix de l'électricité a récemment baissé dans notre pays mais, bien qu'en deça de l'Allemagne, il reste toutefois toujours plus élevé qu'en France et qu'aux Pays-Bas. Celui du gaz est lui le moins cher de tous.

Abordant cette thématique énergétique, le ministre a fait allusion à la Conférence sur le climat qui débutera la semaine prochaine à Paris. "Agir est absolument nécessaire", a-t-il insisté, estimant que la Belgique se rendrait dans la capitale française avec un accord sur la question.

Kris Peeters entend s'attaquer à l'aspect du développement durable dans notre compétitivité. Il souhaite faire de l'économie circulaire une priorité. Il souhaite d'ailleurs faire réaliser une étude sur la durée de vie des produits et le vieillissement artificiel des biens de consommation, et veut créer un centre de connaissance où il sera possible de rassembler et partager l'expertise à ce sujet.

Enfin, le Tableau de bord démontre quelques points forts: les soins de santé, la qualité de l'infrastructure, l'ouverture de l'économie au commerce et le climat entrepreneurial général. L'enseignement se distingue également, tout comme l'innovation dans notre pays, qui compte des instituts de recherche de premier plan mondial et qui peut s'appuyer sur une collaboration très étroite entre l'industrie et les universités sur le plan de la recherche et du développement.