Cédé à des Britanniques, Lunch Garden maintient sa direction

Le nom du nouveau propriétaire de Lunch Garden a été annoncé jeudi au cours d’un conseil d’entreprise extraordinaire. Il s’agit à nouveau d’un fonds d’investissement, mais britannique cette fois, basé à Londres : Bregal Freshstream.

C.M.
Albert Verdeyen Chef et Annick Van Overstraeten General Manager Lunch Garden se p^retent a une seance photo dans le Lunch Garden de la Rue Neuve au dessus de l'Inno.
Albert Verdeyen Chef et Annick Van Overstraeten General Manager Lunch Garden se p^retent a une seance photo dans le Lunch Garden de la Rue Neuve au dessus de l'Inno. ©© JC Guillaume

Le nom du nouveau propriétaire de Lunch Garden a été annoncé jeudi au cours d’un conseil d’entreprise extraordinaire. Il s’agit à nouveau d’un fonds d’investissement, mais britannique cette fois, basé à Londres : Bregal Freshstream. Un fonds lancé en septembre de cette année avec un capital de 600 millions d’euros provenant d’un fonds d’investissement familial et pour qui il s’agit du tout premier investissement. Aucun montant n’a été dévoilé par les vendeurs, le fond néerlandais H2 Equity Partners, Kebek Private Equity (ex-KBC) et Solferino Holding.

En moins de 15 ans, c’est le 4e gros changement pour l’enseigne de restaurants en self-service. Le premier date d’août 2002 quand le groupe Gib vend sa filiale à Carestel, leader européen des restoroutes. Ce dernier ne la gardera pas deux ans, la cédant, en mai 2004, à un groupe de 4 investisseurs, parmi lesquels Grégoire de Spoelberch et Thibaut van Hövell. En 2009, ces deux derniers, réunis dans Solferino Holding, font entrer deux fonds dans l’actionnariat, qui enlèvent trois quarts des parts, 51 % pour H2, 25 % pour Kebek.

C’est essentiellement sous la houlette de ces nouveaux actionnaires - qui y ont investi près de 50 millions d’euros en 5 ans - et sous la direction d’Annick Van Overstraeten, CEO depuis janvier 2010, que Lunch Garden va se repositionner : modernisation des restaurants existants, fermetures de restaurants déclassés et ouvertures de nouveaux sites, entre autres dans le cadre d’une collaboration initiée avec Total pour l’exploitation de restaurants d’autoroute (62 en 2009, dont 9 franchisés; 72 aujourd’hui, dont 25 sous franchise), investissements en marketing et communication, etc. Le tout concrétisé dans une croissance importante du chiffre d’affaires (moins de 120 millions en 2009, 136 en 2014). C’est de ce quinquennat que datent aussi la négociation et la signature d’une nouvelle CCT (convention collective de travail) qui a gommé les avantages historiques que le groupe GB avait accordés à son personnel et qui n’étaient plus adaptés aux normes du marché, mouvements sociaux à la clé.

Sur sa lancée

Travail accompli donc pour les anciens actionnaires. "Tout le monde savait que l’objectif de H2, un fonds de retournement, était de sortir Lunch Garden d’une situation pénible, explique Annick Van Overstraeten. Il en avait les moyens et le projet." Aujourd’hui, place à la croissance, ce qui ravit sa patronne. "On est prêt pour l’étape suivante, ajoute-t-elle, celle de la croissance et du développement. Or, c’est bien ce que Bregal Freshstream compte être." Et d’avouer avoir "adoré" travailler avec H2 et avoir un "bon sentiment" sur sa collaboration avec Bregal Freshstream.

Sentiment partagé puisque le nouveau propriétaire entend poursuivre l’évolution de la chaîne en s’appuyant sur les imitatives prises par les propriétaires précédents et ne rien changer. En tous les cas ni au sein de l’équipe dirigeante, ni dans le personnel actuel.