Les hôteliers belges se défendent face à booking.com

Ils veulent les mêmes droits que ceux obtenus par leurs homologues français.

Charlotte Mikolajczak
Les hôteliers belges se défendent face à booking.com
©capture d'écran booking.com

Ce vendredi matin, la section Hôtels de la Fédération Horeca Bruxelles rencontre les responsables belges du site de réservation booking.com. auprès desquels elle compte bien faire valoir les droits de l’ensemble de la profession, mais surtout ceux des… petits hôteliers indépendants. Son directeur, Eric Catry, qui a sollicité cette réunion, a réussi à recevoir le soutien du ministre des Classes moyennes, des Indépendants et des PME, Willy Borsus. Il est donc relativement confiant.

Et de rappeler avant tout les tenants et aboutissants du problème. "L’hôtellerie bruxelloise a terriblement souffert des attentats de Paris et de Bruxelles et de leur impact sur la mobilité. Les touristes d’affaires et de congrès sont revenus, mais pas les touristes de loisirs (en recul de 50 %). Or, ils représentent 51 % des nuitées bruxelloises. Si les deux premiers groupes ciblent les hôtels des grandes chaînes internationales ou nationales, les derniers se retrouvent plus généralement dans des petits hôtels indépendants. Ce sont eux qui souffrent le plus", insiste Eric Catry.

Sous la coupe des sites de réservation

Doublement d’ailleurs. D’une part, parce qu’ils ont perdu des clients, d’autre part parce qu’ils sont davantage dépendants des centrales de réservation en ligne du type booking.com (le plus grand intermédiaire en Belgique avec plus de 1 300 hôtels et plus de 6 000 logements touristiques). "Ils n’ont pas, comme les grandes chaînes, leur propre centrale de réservations internationale, poursuit M. Catry. Ils sont totalement sous la coupe des OTA (Online Travel Agencies)." Or, ces OTA se sont permis d’imposer de lourdes clauses contractuelles aux hôtels. Comme le fait qu’il doit y avoir autant de chambres fournies à une centrale de réservation que par d’autres voies, dont celles proposées directement par l’hôtel. Ou encore l’interdiction pour les hôtels de proposer un prix inférieur via un autre canal. "Même sur leur propre site !"

Tancées par les professionnels de l’hôtellerie de France, d’Italie et de Suède, ces OTA ont accepté de revoir un peu leurs pratiques. "En mai 2016, booking.com a présenté à Paris une charte en 10 points qui redonnait davantage de libertés et d’indépendance aux hôteliers. Mais cette charte, qui devait être d’application pour l’ensemble de l’Europe, ne l’est que dans quelques pays. Ailleurs, elle est en test. En Belgique notamment." Autrement dit, les hôteliers belges ne peuvent profiter de cette liberté accordée aux hôteliers français.

"Avant les attentats, ajoute Eric Catry, le problème était sensible. Depuis il est catastrophique."

D’où cette réunion de vendredi au cours de laquelle il compte bien demander que la charte parisienne soit "d’application immédiate en Belgique". Dans la foulée, il se permettra de demander "une plus grande transparence, dit-il. Du fait de leur force de frappe, les grandes chaînes accordent à booking.com une commission qui varie entre 12 et 18 %. Or, pour les petits hôtels, cette commission est de 25 % ! Je demande qu’elle soit identique pour tous."

Dans un communiqué, Willy Borsus a en tous les cas marqué son soutien quasi inconditionnel. "Si la voie de la négociation ne permet pas de s’approcher suffisamment des conditions obtenues en France, en Suède et en Italie, je me tiendrai alors à la disposition du secteur Horeca pour introduire une demande d’ouverture d’instruction à l’Autorité belge de la Concurrence", a-t-il assuré.