Discriminations liées à l'âge : Kris Peeters envisage des sanctions

Les jeunes et les personnes de plus de 45 ans sont régulièrement confrontés à des préjugés, les jeunes étant d'emblée considérés comme trop paresseux et les plus âgés dépassés par les nouvelles technologies, par exemple.

BELGA

Le ministre de l'Emploi, Kris Peeters, examinera la façon dont les employeurs refusant d'engager des travailleurs pour une raison liée à leur âge peuvent éventuellement être sanctionnés, a-t-il indiqué lundi sur les ondes de la VRT. Le centre interfédéral pour l'égalité des chances Unia a fait savoir qu'il ouvrait un nombre croissant de dossiers de signalement pour une discrimination liée à l'âge. Sur les huit premiers mois de 2016, il a ouvert 74 dossiers. Ces chiffres constituent une hausse de 60% par rapport à l'ensemble de l'année 2015.

Parmi ces dossiers, près de 6 sur 10 concernent des plus de 45 ans.

M. Peeters juge ces chiffres préoccupants. "Le taux d'emploi des travailleurs âgés a augmenté considérablement ces dernières années, et c'est une évolution positive, comme le fait que les travailleurs âgés recherchent eux-même de plus en plus en souvent un emploi. Je veux donc examiner avec les partenaires sociaux la façon d'aborder cette forme de discrimination à l'embauche. On ne peut pas accepter que d'un côté, on encourage les gens à chercher un travail ou à conserver celui qu'ils ont et, de l'autre, on les freine", a déclaré M. Peeters.

Le ministre n'a pas donné de détails sur la façon dont il veut s'attaquer au phénomène. Il évoque des "sanctions" et des "mesures concrètes".

"Je ne veux pas anticiper le dialogue mais nous devons éviter que des employeurs discriminent sur base de l'âge. Nous devrions pouvoir prendre des sanctions", a-t-il ajouté.


La N-VA préconise le retour de la période d'essai

La N-VA s'est dit favorable à des mesures de lutte contre la discrimination liée à l'âge sur le marché du travail. Elle juge toutefois qu'elles ne peuvent se réduire à des sanctions et préconise le retour des périodes d'essai dans les contrats de travail. "Les préjugés selon lesquels les travailleurs âgés sont plus lents, plus souvent malades et apprennent moins facilement ont la vie dure. On peut lutter contre ces préjugés en montrant dans la pratique qu'ils sont faux. Mais pour cela, il faut recevoir sa chance et c'est l'essence-même de la période d'essai. La suppression de la période d'essai est une erreur historique car depuis lors, les travailleurs âgés reçoivent encore moins la chance de faire leurs preuves", a expliqué la députée Zuhal Demir.

Les clauses de période d'essai ont été supprimées dans le cadre de l'accord intervenu entre les employeurs et les syndicats sur l'harmonisation des statuts d'ouvrier et d'employé.

L'accord de la majorité suédoise prévoit que "le gouvernement proposera aux partenaires sociaux d'évaluer la réforme des délais de préavis et la suppression de la période d'essai afin d'éviter des freins à l'embauche et de stabiliser l'emploi des travailleurs", rappellent les nationalistes flamands.

La N-VA se montre plus sceptique sur des sanctions imposées à l'employeur. "Les employeurs se contenteront de payer et ça n'aidera pas les plus de 45 ans", a affirmé Mme Demir.


Unia ouvre un nombre croissant de dossiers pour discrimination liée à l'âge

Unia ouvre de plus en plus de dossiers à la suite d'un signalement pour une discrimination liée à l'âge, rapporte lundi le centre interfédéral pour l'égalité des chances. Pour contrer les préjugés, l'institution lance une campagne de sensibilisation au ton ironique. Sur le marché de l'emploi, il est illégal d'exclure un candidat potentiel en fonction de son âge, rappelle Unia. Mais les jeunes et les personnes de plus de 45 ans sont régulièrement confrontés à des préjugés, les jeunes étant d'emblée considérés comme trop paresseux et les plus âgés dépassés par les nouvelles technologies, par exemple.

Sur les huit premiers mois de 2016, Unia a ouvert 74 dossiers à la suite d'un signalement pour une discrimination sur la base de l'âge. Ce chiffre constitue une hausse de 60% par rapport à l'ensemble de l'année 2015.

Parmi ces dossiers, près de six sur 10 concernent des plus de 45 ans. Outre leurs préjugés, les employeurs avancent souvent des arguments liés aux coûts salariaux.

"Choisir de retenir tel ou tel candidat en fonction de son âge et non plus de ses compétences, c'est envoyer un très mauvais message à la société", s'inquiète Patrick Charlier, directeur d'Unia. Les discriminations liées à l'âge sont rarement prises au sérieux, constate-t-il. Or "nous devons tous garder à l'esprit que le vieillissement de la population est une réalité en Europe. Si cette partie croissante de la population fait face à un risque important de discrimination sur le lieu de travail, alors nous sommes confrontés à un réel problème social".

L'institution a lancé une campagne ciblant spécifiquement les acteurs clés de l'emploi, les organisations syndicales, les secteurs liés aux plus de 50 ans ou à la jeunesse. Le matériel de sensibilisation se compose d'affiches et bannières qui se moquent des clichés sur l'âge.


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