Qui sont les fournisseurs les plus verts ?

Les plus gros acteurs du marché belge occupent les moins bonnes places.

Laurent Lambrecht
Trump
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Greenpeace a publié son nouveau classement des fournisseurs d’électricité les plus "verts". La méthodologie de l’association environnementale est la suivante : 50 % de la note est influencée par les investissements dans de nouveaux moyens de production d’électricité. L’éolien, le photovoltaïque ou encore la géothermie sont privilégiés par rapport au nucléaire, au charbon ou au fuel.

Les 50 % restants de la note dépendent des moyens de production actuels du fournisseur, ainsi que de sa politique d’achat d’électricité. Ainsi, Greenpeace surpondère les contrats d’achat directs à un producteur. Les labels d’origine, utilisés pour verdir l’électricité achetée sur les marchés, sont sous-pondérés dans le classement. Ce sont ces labels qui ont fait le succès d’un fournisseur comme Lampiris. Mais Greenpeace estime qu’ils "ne contribuent pas vraiment au développement de l’énergie renouvelable".

Coopératives en tête

Les trois premières places du classement sont occupées par des petites coopératives (Cociter, Ecopower et Wase Wind) qui ont la particularité de produire de l’électricité 100 % verte. A la cinquième place, Eneco est le premier fournisseur relativement important.

Parmi les plus gros fournisseurs, citons le 3/20 d’EDF et le 4/20 d’Electrabel. Greenpeace tient compte des investissements réalisés dans la production d’électricité dans toute l’Europe. Ainsi, Luminus est pénalisé par le projet de centrale nucléaire de sa maison-mère EDF à Hinkley Point. De même, Electrabel est pénalisé par la prolongation du nucléaire en Belgique et par les projets nucléaires d’Engie au Royaume-Uni.

Greenpeace précise que si Lampiris est passé d’une cote de 13 à 8/20, ce n’est pas en raison de son rachat par Total. "Notre méthodologie est devenue plus sévère après la COP 21, explique Jan Vande Putte, chargé de mission chez Greenpeace. Notamment envers les centrales au gaz et les centrales biomasses."

Si le groupe auquel appartient le fournisseur n’investit pas dans la production d’électricité en Europe, il n’influence pas la cotation du fournisseur. En revanche, Greenpeace tient compte des activités du groupe dans le monde pour délivrer son appréciation.

Ainsi, Lampiris reçoit une honorable note de "8" pour ses activités en Belgique mais se trouve dans la catégorie "déconseillée" à cause de Total et de ses investissements dans le gaz de schiste et les sables bitumineux. De son côté, Essent est "déconseillé" malgré sa note de 8, en raison des activités de RWE dans le charbon.