"One Hour Challenge": CargoMill

Avec CargoMill, il est possible de se déplacer là où se trouvent des sous-produits naturels non utilisés (branchages, paille, foin,…) et, ainsi, de tirer profit des biomasses propres à chaque saison. Présentation de cette start-up ayant participé à l'opération 'One Hour Challenge".

P-F Lovens
"One Hour Challenge": CargoMill
©Alexis Haulot

60 minutes pour convaincre.

Chaque semaine, nous présentons deux start-up belges ayant pris part à une session de “One Hour Challenge” organisée à la rédaction de “La Libre”. Avec leur portrait et les avis du coach Ben Piquard, directeur de LeanSquare, et d’experts de BNP Paribas Fortis, Marie-Cécile Van Ecke, directeur général Retail&Private Banking Bruxelles, et Marie-Noëlle Rainchon, directeur Banque des Entrepreneurs Bruxelles.


Présentation de cette start-up ayant participé à l'opération 'One Hour Challenge".



Cliquez ici pour tout savoir sur "One Hour Challenge".

Envie de vous inscrire? Cliquez ici!


PORTRAIT de CargoMill

Le projet a été mis sur les rails voici déjà huit ans. Et, à bien des égards, il est abouti, prêt à décoller. Sauf que… pour se concrétiser, CargoMill a besoin d’argent. Et, pour l’heure, ça coince. “On nous dit partout que notre “process” est bon, explique Patrick de Jamblinne, tête pensante et cheville ouvrière du projet. Mais, à chaque fois, on nous demande de voir l’équipement. Or, pour ça, il nous faut des fonds.” L’équipement, en l’occurrence, est une machine qui permet de convertir de la biomasse – en la densifiant, par exemple sous la forme de pellets – pour les besoins énergétiques de l’industrie. L’innovation réside principalement dans la mobilité de la machine. C’est un atout non négligeable quand on sait que le créneau de disponibilité des biomasses est souvent très limité.

Avec CargoMill, il est possible de se déplacer là où se trouvent des sous-produits naturels non utilisés (branchages, paille, foin,…) et, ainsi, de tirer profit des biomasses propres à chaque saison. Un prototype a été testé en 2012 avec succès. Le marché, évalué pour la seule Europe à 350 millions de tonnes de biomasse par an (soit quelque 20 milliards d’euros), est soutenu par les quotas de réduction en CO2 imposés à l’industrie. Reste le coût du CargoMill : 1,2 million d’euros. En recherche active de financements, Patrick de Jamblinne indique avoir déjà engrangé deux premiers clients potentiels en Belgique (un groupe industriel et une intercommunale). De quoi faire, enfin, décoller une nouvelle aventure industrielle “made in Belgium” ?


AVIS DU COACH

  • En général:

On n’est pas tout à fait dans une start-up “nouvelle économie”, comme on les rencontre d’ordinaire dans les “One Hour Challenge”. La base du projet, c’est le constat, simple quand on y pense, qu’au lieu de transporter les matières premières auprès des usines à biomasse, il serait plus efficient d’amener l’usine à densifier les biomasses là où se trouvent les matières premières… CargoMill, c’est donc une usine de transformation sur un camion. On peut toutefois considérer ce projet comme une innovation d’usage, un changement intéressant dans le business modèle, que le marché peut valider.


  • Evaluation:

Idée :☺☺☺☺

Business modèle :☺☺☺☺

Traction client :☺☺

Finançable :☺☺☺

  • Feedback:
Ma recommandation est de chercher à fédérer des acteurs-investisseurs, de vendre “sur plan” le concept à quelques premiers clients. Ce n’est évidemment pas simple, mais le projet en est déjà à sa troisième évolution et nul ne peut douter de la capacité de l’équipe à le mettre en œuvre.


AVIS DE L'EXPERT

  • En général: Le projet présenté ici est totalement différent d’une start-up classique puisque CargoMill nous propose un procédé de type semi-industriel ayant fait l’objet de nombreuses recherches. L’ idée colle parfaitement à la tendance actuelle de recyclage performant des déchets et de mobilité. Assez complexe et ambitieux, le business modèle pourrait être clarifié et simplifié pour les interlocuteurs externes. D’après l’expérience et les démarches commerciales des concepteurs, les futurs clients sont nombreux et se montrent très intéressés, mais aucune commande ferme ne peut être passée avant d’avoir pu construire le premier CargoMill. Et c’est là que le bât blesse, car la demande de financement pour la construction du premier CargoMill est importante. La rentabilité a été calculée de façon précise et semble être prouvée. Mais de nombreuses questions se posent encore.
  • La traction client semble bonne, mais difficile à estimer vu le secteur très spécialisé dans lequel nous sommes. Nous ne pouvons nous baser que sur des bons de commandes signés pour estimer l’appétence du marché. Concernant le financement , ce type de projet doit faire l’objet d’une étude approfondie de la part des institutions financières et des solutions de cofinancement, avec des organismes spécifiques, doivent être envisagées. Il pourrait aussi être judicieux que les acteurs du projet, tous scientifiques, s’entourent d’un expert financier spécialiste dans la recherche de financement.

Evaluation:

Idée :☺☺☺☺

Business modèle :☺☺☺

Traction client :☺☺☺

Finançable :☺☺