Bpost lance une offre sur PostNL

Après un premier échec en mai dernier, l’opérateur postal belge revient à la charge.

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La deuxième tentative sera-t-elle la bonne ? En mai dernier, une première tentative de rachat de la poste néerlandais par bpost s’était soldée par un échec

Ce dimanche soir, peu après 22 heures, l’opérateur belge postal a annoncé être prêt à mettre sur la table 2,5 milliards d’euros pour reprendre son homologue néerlandais PostNL. En proposant 5,65 euros par action PostNL, bpost évoquait hier soir une proposition “améliorée et amicale” : cela représente en effet une prime de 31,6 % par rapport au cours de PostNL au 31 octobre dernier.

Dans son communiqué, bpost précise également que les actionnaires de PostNL représenteraient 21 % du capital de bpost au terme de l’opération tandis que la part de l’Etat belge, actionnaire de bpost à hauteur de 51 % serait ramenée à 40 %. L’entreprise belge, cotée sur Euronext Bruxelles, souligne qu’une offre concrète suivra uniquement si la proposition satisfait le conseil d’administration et le conseil des commissaires de PostNL.

Offensive stratégique

Ces derniers jours, un certain nombre de rumeurs avaient circulé dans la presse néerlandaise au sujet d’une possible nouvelle offre de bpost. “Il ne faut jamais dire jamais, mais ce chapitre-ci est clos” , avait pourtant expliqué en mai dernier Koen Van Gerven, le patron de bpost après la première tentative avortée de rachat de PostNL au prix de 5,1 euros par action.

Pour de nombreux observateurs, PostNL est un partenaire “naturel” pour bpost qui, confronté au ralentissement des activités traditionnelles de distribution de courrier, est à la recherche de nouveaux relais de croissance. Un tel rapprochement ouvrirait notamment à bpost de nouvelles opportunités de croissance sur le marché des paquets, notamment dopé par l’explosion de l’e-commerce. “bpost et PostNL ont de gros clients qui apprécieraient une offre intégrée” , avait d’ailleurs expliqué, il y a quelques mois, Koen Van Gerven. Une fusion permettrait aussi la mise en place de nouveaux services, comme des livraisons ayant lieu le même jour que le dépôt du colis ou des livraisons en soirée. “La combinaison des deux entreprises créerait un acteur de premier plan en Europe dans le domaine du courrier, des colis et des solutions logistiques, servant plus de 28 millions de clients potentiels aux Pays-Bas et en Belgique” , expliquait d’ailleurs hier soir dans son communiqué bpost, mettant en avant la “robustesse” de son futur partenaire potentiel PostNL. L’opération de rachat de PostNL s’inscrit donc dans une démarche résolument offensive de la part de bpost.

Pour bpost enfin, les deux entreprises sont très “complémentaires” et la combinaison des deux “ne devrait pas entraîner des pertes d’emploi significatives” . Reste maintenant à voir comment réagiront les actionnaires de PostNL à cette nouvelle offre de bpost. Mais une chose est certaine, le dossier PostNL est à nouveau une réalité pour bpost.


Le ministre De Croo voit une "logique industrielle" dans la fusion entre bpost et PostNL

Le ministre des Télécommunications et de la Poste Alexander de Croo (Open Vld) a réagi positivement dimanche soir à la proposition de bpost pour reprendre son homologue néerlandaise PostNL. Il évoque "une logique industrielle". Selon le ministre, bpost et PostNL formeraient ensemble la quatrième entreprise postale en Europe. "En unissant leurs forces, bpost et PostNL ont le potentiel pour construire l'entreprise postale la plus forte et la plus performante d'Europe, avec un centre de décision en Belgique. C'est dans l'intérêt de tous les travailleurs, de l'emploi, de notre économie et de tous les citoyens", réagit-il dans un communiqué de presse.

Le ministre précise que le gouvernement fédéral soutien "l'active stratégie de croissance" de bpost.