L’incubateur: bâton indispensable de la start-up?

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© capture écran Twitter
Brigitte Doucet

Une start-up doit-elle d’abord passer par un incubateur, voire un accélérateur ?

La tendance est venue d’outre-Atlantique. Aujourd’hui, on a souvent l’impression qu’une start-up ne saurait plus réussir sans passer d’abord par un incubateur, voire un accélérateur. Réalité ou douce fiction ? Passage obligé, condition de succès ? La question fut à nouveau posée lors d’une récente conférence de l’Innovation Hub de BNP Paribas Fortis.

Les deux start-up invitées ont clairement répondu par l’affirmative. Pour Quentin Felice, cofondateur de Stumber, l’incubation - chez LeanSquare à Liège - a profondément modifié l’optique de l’équipe : "Jusque-là, nous ne nous étions pas confrontés au marché. L’incubation nous a permis de sortir de notre bulle, de passer en mode cocréation, de constater que la demande se situait plutôt du côté N2B alors que nous étions focalisés jusque-là sur le B2C." La solution - une plate-forme sociale créant des communautés, privées ou publiques, sur base de centres d’intérêts - avait d’abord été imaginée à destination des étudiants. Aujourd’hui, elle vise le monde des entreprises. Sa première référence ? BNP Paribas Fortis où environ un millier d’employés l’utilisent.

Chez HLO, auteur d’un logiciel de création musicale sur tablette pour purs amateurs, le passage par La Faktory "a permis de transformer le projet en un produit plus lean", déclare Pascal Demez, cofondateur de HLO. Le collectif d’artistes - "qui, au départ, était une bande de musiciens et programmeurs assez rock’n roll" - est ainsi devenu une équipe qui a su gérer la phase de décollage. Jusqu’à compter aujourd’hui quelque 450 000 utilisateurs, venus essentiellement… de Chine et du Japon.

Pour Pascal Demez, l’incubation fut comme une initiation en concentré : "Ce fut un peu HEC en 3 mois. Le moyen de faire passer une masse d’informations en peu de temps. Sans cela, nous aurions peut-être mis 10 ans pour collecter toutes les compétences nécessaires à droite et à gauche…"

L’incubateur joue, à ses yeux, un autre rôle crucial : "L’accompagnement permet d’encaisser, le plus en douceur possible, le choc que représente l’accélération brutale des ventes du produit." Vérifier la traction client est aussi une finalité essentielle de l’incubation. "Etape indispensable pour attirer un partenaire industriel et réussir le décollage de la fusée", soulignait Pierre Lhoest (La Faktory).

Mais démontrer une traction client peut être quelque chose de tout à fait nouveau pour l’équipe. Reprenant l’exemple de HLO, Gaëtan Servais (LeanSquare, Meusinvest) soulignait combien "c’est un réel changement de mentalité pour des artistes". S’il y a, selon lui, énormément de bons projets, "on manque par contre de personnes qui acceptent de changer leur mentalité", leur pré-formatage. Pour le rendre possible, LeanSquare dit compter sur l’effet "tribu", l’émulation qui naît entre incubés…

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