Caterpillar va céder son site de Gosselies à la Région wallonne pour un euro symbolique

Belga et Rédaction en ligne

Le gouvernement wallon, qui avait menacé Caterpillar d'expropriation après que le groupe eut annoncé son intention de fermer son site de Gosselies, a obtenu de l'entreprise la cession pour l'euro symbolique de ce site stratégique de près de 100 hectares et de ses principales installations, a annoncé lundi le ministre-président Paul Magnette.

La valeur de cette transaction, dans les livres de Caterpillar, s'élève à 143 millions d'euros, soit presque l'équivalent de ce que le groupe a investi sur fonds propres sur le site. La valeur globale du site est quant à elle de 500 millions d'euros, selon le gouvernement.

"C'est une nouvelle hyper intéressante et on ne peut que s’en réjouir. Mais je préférerais que la gestion du site soit confiée à l'intercommunale Igretec, en charge des zonings à Charleroi. Cela permettrait de faire des économies d'échelle et de répartir de façon optimale les différentes entreprises qui pourraient s'implanter sur le site", déclare Jean-Marie Hoslet, secrétaire de la CSC Metea Hainaut. "En tout cas, le sol est wallon et il appartient aux Wallons. Les pouvoirs publics doivent rester propriétaires du terrain à terme afin d'éviter un scénario à la ArcelorMittal à Liège ou à la Duferco à La Louvière, des propriétaires privés qui ont fermé leurs usines. On peut imaginer une formule de bail emphytéotique de plusieurs dizaines d'années", a-t-elle ajouté.

Pour obtenir ce résultat, "nous avons utilisé tous les instruments juridiques existants, ce fut un mélange de carotte et de bâton, mais la recette relève du secret des négociations", a commenté M. Magnette.

Pour un grand groupe international comme Caterpillar, "mieux vaut parfois trouver un accord à l'amiable que de rentrer dans un long litige", a-t-il ajouté.

"Il n'aurait manqué que cela qu'ils ne le fassent pas", a commenté le ministre de l'Economie Jean-Claude Marcourt, qui fut à la barre des négociations. Le ministre a également souligné le rôle des organisations syndicales.

Le conseil des ministres a approuvé ce lundi les termes de l'accord, au cours d'une réunion spéciale.

La signature de l'acte de vente authentique entre les parties est programmée pour le 30 juin 2018.

La Fédération des Métallurgistes FGTB Hainaut-Namur a déclaré avoir accueilli cet accord avec satisfaction. "Cette annonce est un aboutissement important dans le combat mené depuis le 2 septembre par les travailleurs et leurs représentants suite à l’annonce de l’arrêt des activités décidé par la multinationale", explique le communiqué de presse de la Fédération.