Malgré la révolution numérique, les entreprises peinent à investir

Malgré la révolution numérique, les entreprises peinent à investir
©Reporters
Dominique Simonet

Une étude de PwC avec Flanders Make relève une contradiction entre la nécessité de la numérisation et de faibles investissements.

La révolution numérique est en marche; maintenant, c’est aux entreprises d’agir : telle est, en gros, la conclusion d’une étude réalisée conjointement par le cabinet de conseil PwC et le centre de recherche stratégique Flanders Make, dirigé par Dirk Torfs.

L’étude publiée jeudi est basée sur trente entreprises de différentes catégories, représentant quelque 33 000 emplois et un revenu de 16,4 milliards d’euros. Les plus connues sont Volvo Trucks à Gand, Barry Callebaut, Atlas Copco, Van Hool, Picanol, Philips Lighting, les bus VDL et Van Hool. Et qui trouve-t-on logé parmi ces entreprises flamandes ? Audi Brussels !

Quoi qu’il en soit, l’objet était d’évaluer à quel niveau du concept d’industrie 4.0, ou de numérisation, se trouve le tissu manufacturier flamand. Il en ressort que l’importance de la numérisation est très reconnue en Flandre, où beaucoup d’entreprises admettent que c’est une transformation essentielle à divers niveaux.

Mais "les investissements ne sont que de 2 à 3 % du chiffre d’affaires, selon Peter Vermeire, partenaire chez PwC qui a piloté l’étude. Ces investissements restent inférieurs à la moyenne globale, qui est de 5 %." Dans la moyenne se trouve notamment l’Allemagne, très industrialisée, et d’où est parti le concept d’industrie 4.0.

"Dans tous les pays, ce n’est pas la technologie qui est le problème, mais les gens susceptibles de travailler de manière créative avec ces technologies." La formation des personnes et la sensibilisation des entreprises font donc partie des grands défis.

Ne va-t-on pas dès lors vers une déshumanisation de l’activité manufacturière et une destruction des emplois peu qualifiés ? "On ne pense pas. La technologie va aider ceux qui n’ont pas la formation."

Selon l’étude, le problème n’est pas tant l’automatisation que le besoin de flexibilité. L’automatisation, c’était l’industrie 3.0, ou troisième révolution industrielle. La quatrième implique la technologie supportée par les gens. Peter Vermeire revient du dépôt du distributeur Amazon en Allemagne : "Les dépôts automatisés ne sont pas flexibles. Le dépôt d’Amazon est totalement manuel, supporté par beaucoup de technologie."

Dans la numérisation de l’activité manufacturière, les entreprises voient une réduction des coûts de l’ordre de 2,5 % par an, et une amélioration de la productivité de 2,4 %. Mais elles voient aussi la possibilité d’augmenter le chiffre d’affaires, en vendant non seulement le produit mais aussi le service qui l’accompagne.

Exemple de l’étude avec IBA, "qui vend une technologie très chère, où le service est extrêmement important. Une heure hors service est une perte énorme. Tout un système de capteurs permet notamment de prédire les pannes". Peter Vermeire cite l’entreprise néo-louvaniste qu’il connaît bien, mais PwC réalise 80 % de son chiffre d’affaires en Flandre. Il connaît donc moins bien la Wallonie mais il relève que "lorsque l’entreprise est moderne, il est plus facile de l’adapter au 4.0. Le défi, c’est de connecter les vieilles machines aux nouvelles technologies numériques".