Quand les mentors sont les juniors

Quand les mentors sont les juniors
©dr
Solange Berger

SPIE lance un programme de Digital Reverse Mentoring : les plus jeunes enseignent le digital aux senior managers.

Face au digital, on a parfois l’impression de perdre les pédales. On croit qu’on se débrouille, mais ce n’est pas toujours le cas. J’ai 63 ans et pour le temps qu’il me reste dans l’entreprise, j’estime qu’il est important de me perfectionner. La révolution digitale va de plus en plus vite. Nous ne pouvons pas nous permettre de prendre du retard", explique Johan Dekempe, managing director de SPIE Belgique, participant depuis juin au programme lancé par le groupe au niveau européen : Digital Reverse Mentoring. Avec son mentor, Charlène Boudet, 28 ans, ils forment l’une des 49 paires constituées pour ce projet pilote à travers les différentes filiales du groupe. En Belgique, trois paires ont été formées. L’idée : que les plus jeunes collaborateurs - les digital natives - enseignent le "digital" au senior management de cette entreprise spécialisée dans les domaines du génie électrique, mécanique et climatique, de l’énergie, des réseaux de communications et des infrastructures,

Pensé il y a un an avec l’aide d’un consultant spécialisé, le projet a démarré juste avant l’été et doit se clôturer fin décembre. Six rencontres - une par mois - sont prévues entre le mentor et son mentee. "Les mentors ont été choisis pour leurs connaissances de réseaux sociaux notamment. En fait pour nous, c’est assez naturel de les utiliser. Nous avons reçu néanmoins une formation spécifique à Paris", explique Charlène Boudet. Les mentees sont eux tous issus de la direction. Dans certaines filiales, c’est même tout le comité de direction qui participe au programme. "Nous avons été candidats. Il faut avoir l’esprit ouvert aux nouvelles technologies. Cela permet d’avancer plus vite", estime Johan Dekempe. "Les directeurs ont des degrés de connaissance des nouvelles technologies très variés. Certains sont déjà très experts. On leur a choisi alors des mentors d’un très haut niveau", précise Charlène Boudet.

Mentor et mentees ont un plan des thématiques à aborder. "Charlène tient compte aussi de mes attentes du moment. Cet été, par exemple, comme je partais à l’étranger, elle m’a expliqué le fonctionnement de Skype", raconte Johan Dekempe.

Outre l’aspect digital, le programme a aussi pour vocation de rapprocher les générations. "J’ai l’occasion de passer un moment avec un membre du comité de direction, ce que je n’aurais sans doute pas eu autrement. Et inversement", estime la jeune femme. "Cela permet de faire tomber les barrières entre le top management et les jeunes. C’est également une façon de nous valoriser et un incitant pour rester dans l’entreprise."