"Il est tout à fait possible que Tihange 3 redémarre plus tôt", selon le gendarme nucléaire

"Si l’exploitant met plus de moyens et plus de ressources disponibles pour ces travaux, il est tout à fait possible que le réacteur puisse redémarrer plus tôt", estime l'Agence de contrôle nucléaire.

"Il est tout à fait possible que Tihange 3 redémarre plus tôt", selon l'Agence de contrôle nucléaire
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Un réacteur nucléaire serait bien utile pour passer les mois de janvier et février sans encombre. "Si l’exploitant met plus de moyens et plus de ressources disponibles pour ces travaux, il est tout à fait possible que le réacteur puisse redémarrer plus tôt", estime l'Agence de contrôle nucléaire.

Tihange 3 pourra-t-il redémarrer plus tôt comme l’envisage la task force (Elia, la Creg, Engie-Electrabel, les cabinets Marghem et Michel) mise en place pour faire face au risque de pénurie d’électricité cet hiver ? Pour rappel, Tihange 3 doit théoriquement rester à l’arrêt jusqu’au 2 mars 2019. De lourds travaux sont nécessaires suite aux problèmes de dégradation de béton constatés dans le bunker abritant les équipements de secours de la centrale. Cette dégradation de béton pourrait remettre en cause la résistance de ce bâtiment face à un événement externe, comme la chute d’un avion. Résultat, les équipements de secours ne seraient pas utilisables pour intervenir en cas d’accident nucléaire.

Face au risque de pénurie d’électricité qui se profile en janvier et février, la task force envisage de faire revenir plus tôt une centrale nucléaire, Tihange 3 en l’occurrence. “Des mesures additionnelles sont nécessaires pour assurer la sécurité d’approvisionnement en janvier et février”, avait fait savoir Elia ce mardi. “La task force étudie la possibilité de faire revenir à partir de janvier, en toute sécurité, une des unités nucléaires, dont l’indisponibilité a été prolongée au-delà de l’hiver, en adaptant le programme d’indisponibilité”.

L’Agence fédérale pourrait-elle autoriser un retour prématuré de Tihange 3 ? “C’est à l’exploitant nucléaire d’organiser et de planifier les travaux nécessaires, en particulier ceux qui sont indispensables pour la sûreté", répond Simon Coenen, expert en sûreté nucléaire à l’AFCN. " Si l’exploitant met plus de moyens et plus de ressources disponibles pour ces travaux, il est tout à fait possible que le réacteur puisse redémarrer plus tôt”. “Toutes les conditions en vigueur liées à la sûreté doivent être satisfaites avant de commencer la procédure de démarrage”, précise notre interlocuteur.

Engie-Electrabel pourra-t-il mobiliser davantage de moyens pour relancer Tihange 3 plus tôt ? “Le planning de redémarrage resté inchangé", répond l’exploitant nucléaire. " La date du 2 mars reste notre meilleure estimation en vue d’un redémarrage”. Cette réponse est peu surprenante étant donné qu’Engie-Electrabel a l’obligation d’informer tous les acteurs en même temps en cas de modification du planning d’arrêt de ses unités de production.