One Hour Challenge : Clubies facilite la vie des "tribus"

One Hour Challenge : Clubies facilite la vie des "tribus"
©Juliette Bruynseels

Surtout, ne dites pas aux quatre fondateurs de Clubies qu’ils ont créé un réseau social de plus ! Cela risquerait de les agacer… Car leur "outil" de communication, commercialisé depuis le début de 2018, est précisément une réponse à la "pollution" (sic) engendrée par les Facebook, WhatsApp, Doodle et autre Messenger dans les relations virtuelles qui se nouent au sein de communautés ou, comme le quatuor liégeois aime à dire, de "tribus".

Clubies, comme son nom l’indique, est au sein d’un club sportif. Celui de l’Étoile Elsautoise, pour être précis, club de foot de la province de Liège que Frédéric Bechoux et Olivier Lausberg ont fréquenté avec leurs enfants. Devant communiquer régulièrement des informations "pertinentes, qualifiées et surtout non-polluantes" à tout ou partie des membres du club, les deux entrepreneurs (rejoints par Jean-François Huyts et Pascal François, deux entrepreneurs de la région liégeoise) ont pu se rendre compte de l’inefficacité des outils existants (depuis le "carton" de convocation remis à un jeune jusqu’au SMS ou au groupe Facebook adressé à "un peu tout le monde"). Ils ont donc mis au point un nouvel outil qui se veut simple, intuitif et, surtout, efficace en termes de communication.

Clubies a vu le jour en avril 2017. Quelques milliers d’heures de développement plus tard (la dernière version du portail Web et de l’application, disponible en 5 langues, est sortie ce mois-ci), la start-up est aujourd’hui sur de bons rails pour convaincre des clients. "Aujourd’hui, on a 50 tribus actives et 3 000 utilisateurs quotidiens", indiquent MM. Huyts et François.

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©Juliette Bruynseels

Clubies, qui devrait passer sous le statut de société anonyme cette année, a rapidement élargi son champ d’action. Au-delà des clubs sportifs, la start-up liégeoise vise toute organisation (entreprises, associations, institutions, collectivités…) qui cherche à mieux organiser leur communication au travers d’un portail web et d’une application dédiée. La solution a été créée, en priorité, pour les responsables de ces organisations. Autrement dit, ce sont eux, en tant qu’"émetteurs" de messages, qui contrôlent le dispositif. Ainsi, à la différence des réseaux sociaux, il n’y a pas d’interaction entre les membres d’une même tribu, ni fil d’actualités. L’information se fait à sens unique afin de toucher le ou les personnes devant être informées. Les réponses données par les "récepteurs" ne seront lues que par le ou les chefs de tribu, lesquelles auront une vue des réponses apportées en temps réel.

Plusieurs entreprises ont marqué un intérêt pour Clubies, ce qui a conduit au lancement d’une solution "premium" (ou "straties"). "Il s’agit d’une duplication de Clubies développée pour le monde de l’entreprise avec d’autres fonctionnalités, un univers visuel 100 % corporate, un Who’s who, une matrice des compétences, une arborescence des procédures internes, etc.", expliquent Jean-François Huyts, CEO de Clubies, et Pascal François, directeur marketing. Clubies vient aussi de remporter son premier marché public avec la zone de secours du Brabant wallon (pompiers).

L’objectif, désormais, est double : poursuivre le développement de nouveaux outils (dont Clubies City) et passer rapidement le cap des 100 tribus. À l’horizon de 2020, la start-up ambitionne 1 000 tribus et un chiffre d’affaires de 106 000 euros.


L'avis du coach Roald Sieberath (Leansquare)

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©DR

"Messaging is the killer app". Cette vérité, qui a été démontrée par Messenger, WhatsApp et quantité d’autres applications de messagerie (surtout en Asie), j’avais fini par l’oublier (alors que j’avais été un pionnier de la messagerie sur le mobile dès 2000 avec Winbox). Les quatre co-fondateurs de Clubies l’ont redécouverte, sans doute de façon tactique bien plus que stratégique, en répondant aux besoins très concrets de clubs de sport. Dans une ère où l’on favorise le peer-to-peer, l’abolition des pyramides hiérarchiques, Clubies revient avec un modèle très top-down parce qu’il répond à un besoin : celui du gestionnaire/manager/coach qui doit informer ses "troupes" (et où celles-ci peuvent répondre, mais de façon télégraphique et contrôlée). Ça semble à rebrousse-poil de l’air du temps, mais c’est peut-être pour ça que Clubies peut rencontrer un début de succès. L’application "pro", Straties, nous semble encore plus intéressante car ajustée aux besoins de l’entreprise ou de cas particuliers comme les services d’urgence. Revenant d’Asie, j’y ai vu le succès (inconnu chez nous) des "Super Apps", ces applications de messagerie "enrichies", comme Line, KakaoTalk ou Nimbuzz. Clubies est peut-être un pionnier belge dans ce segment.

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