Co Entrepreneurs Café #9 : Une question de fitness

Inconnu
Co Entrepreneurs Café #9 : Une question de fitness
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Un texte de Roald Sieberath, multi-entrepreneur, coach de start-up et venture partner pour LeanSquare, professeur invité à l’UCL et à l’UNamur.

Une quasi-obsession, dans le monde des accélérateurs, des investisseurs et des start-up, c’est la notion de Product Market Fit (parfois appelée "PMF" par les plus jargonnants). C’est une question absolument clé, qui échappe souvent aux entrepreneurs débutants, qui font un projet avant tout parce qu’ils savent ou aiment le faire… Le PMF est quelque chose qui gagne à être ajusté de manière fine : il y a une différence absolument énorme entre un produit dont un client veut bien, et un produit dont le client est fan. L’intensité de la satisfaction du client est une mesure de ce PMF, et peut faire toute la différence entre une évolution poussive du projet, et une croissance au galop.

Un des intervenants chez Kauffman Fellows insistait là-dessus : l’importance clé du value hacking (par contraste avec le growth hacking), qui peut se définir aussi par cette recherche de la perception de valeur maximale par le client.

Au-delà du PMF, il existe un autre critère de fit bien moins abordé : celui du Founder-Problem Fit. Y a-t-il une adéquation entre le problème auquel on s’attaque, et le profil, le tempérament des fondateurs ?

Certains rentrent dans leur start-up et dans leur rôle très naturellement, et y sont efficaces. Un projet comme Gespodo (voir ci-contre) s’en sort très bien : un fondateur dont le métier (la podologie) est la base du projet ; et un cofondateur bien rodé au monde du numérique et du business. Un projet de cette nature peut se lancer naturellement avec de tels profils, et avec des chances de succès décuplées.

Avec mon partenaire Ben Piquard, nous voyons régulièrement passer, chez LeanSquare, des projets d’investissement, où sur papier, la start-up a du sens,… mais où l’on a des réserves sur ceux qui la portent… Non pas qu’il faille nier la chance du débutant (on se souvient que Richard Branson avait appelé sa maison de disques Virgin, pour souligner qu’il n’y connaissait rien dans le domaine de la musique), mais parce que la réussite tient aussi à des questions d’attitude, et par exemple un projet qui demande de la minutie confié à quelqu’un de brouillon, c’est l’échec vraisemblable.

Enfin, après avoir parlé de ces fits business, on devrait sans doute ajouter pour faire bonne mesure une notion de fitness au sens plus commun de "forme". Un entrepreneur bien dans sa peau, qui veille à sa forme, à pratiquer un sport, aura toujours un avantage sur un plutôt oisif.

Donc, à tous niveaux : bougez-vous !

R.

roald@roald.com