Qui est Stéphane Pallez, une des rares femmes à la tête d’un grand groupe en France?

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Qui est Stéphane Pallez, une des rares femmes à la tête d’un grand groupe en France?
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Stéphane Pallez, une des rares femmes à la tête d’un grand groupe en France, a mené avec succès la Française des Jeux vers la privatisation.

Une des rares femmes à la tête d’un grand groupe de l’Hexagone, Stéphane Pallez, 60 ans, a mené avec succès la Française des Jeux (FdJ) vers la privatisation. Son introduction en Bourse, jeudi, a été réussie et a constitué une des plus grosses opérations de ce type de ces 20 dernières années à Paris...

Fraîchement diplômée de Sciences Po et de l’Ena (École nationale d’administration), c’est en 1984 qu’elle intègre la direction du Trésor, au ministère de l’Économie et des Finances, où elle restera vingt ans. Stéphane Pallez travaille au cabinet des ministres Pierre Bérégovoy et Michel Sapin, puis devient chargée des Participations de l’État, pilotant à ce titre les privatisations d’Air France ou encore Thomson. "On me parle toujours de ces privatisations, mais c’était entre 1998 et 2000, et avant la FdJ, j’ai aussi passé d’autres années à diriger ou participer à la direction d’entreprises, sans faire de privatisations !" soulignait récemment cette femme énergique au rire communicatif et à la parole franche.

Après avoir œuvré à des négociations internationales et été la "sherpa finances" de Jacques Chirac, elle quitte ainsi Bercy pour le privé et France Télécom, aujourd’hui Orange, où elle sera directrice financière de 2005 à 2011, avant de devenir PDG de la Caisse centrale de réassurance.

Dans le public comme dans le privé, son fil rouge a toujours été son "souci de l’intérêt général", plaide-t-elle lors de son audition en 2014 par les députés après avoir été proposée pour prendre la tête de la FdJ. "C’est quelqu’un qui a beaucoup servi, mais qui ne se sert pas vraiment : elle ne pense pas en permanence à son projet de carrière", précise un ancien camarade de promotion de l’Ena, évoquant une femme "qui a un leadership naturel et qui n’est pas dans une posture".

Reconduite il y a quelques mois à la tête de l’opérateur de jeux, Stéphane Pallez, mère de deux enfants, œuvre depuis plusieurs années pour l’égalité homme-femme en entreprise. "J’ai décidé d’employer le terme de présidente-directrice-générale. Je suis attachée à cette féminisation à titre personnel et pour des raisons de diversité. Les gens pensent généralement que les PDG sont des hommes. Ils vont d’autant plus le croire dans mon cas du fait de mon prénom", déclarait-elle au Figaro en juillet 2018.