Restructuration de Lhoist : les négociations sont rompues, risque de débrayages la semaine prochaine

Le front commun syndical reproche à la direction de vouloir diminuer de moitié la représentation syndicale dès l'an prochain.

Restructuration de Lhoist : les négociations sont rompues, risque de débrayages la semaine prochaine
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Le front commun syndical reproche à la direction de vouloir diminuer de moitié la représentation syndicale dès l'an prochain.

La rupture est totale entre la direction et les syndic ats de Lhoist. Les représentants du personnel reprochent à la famille Berghmans, propriétaire de l'entreprise belge qui produit de la chaux et de la dolomie, de n'avoir "aucun respect pour ses travailleurs".

Vendredi, au terme d'un conseil d'entreprise très tendu de la procédure Renault de licenciement collectif, le front commun syndical a fait savoir que la direction de Lhoist leur avait annoncé son intention de regrouper deux de ses usines wallonnes en une même unité de production, afin de pouvoir diminuer le nombre de délégués syndicaux dès les élections sociales de 2020.

"Black Friday"

"C'est un vendredi noir pour les travailleurs, qui avaient beaucoup d’espoir, vu les promesses de la direction de respecter les travailleurs licenciés", écrivent les permanents syndicaux dans un communiqué. "Malheureusement il n’en est rien, la direction est venue avec cette proposition scandaleuse, en plus d’un package de départ dérisoire (pour les membres du personnel qui perdront leur emploi dans la restructuration, a priori 100, NdlR). Alors que les travailleurs attendent encore beaucoup de réponses, Lhoist allume un second incendie en affaiblissant la concertation sociale."

"Nous sommes très loin des promesses initiales : de la transparence et du respect. Les représentants des travailleurs regrettent que cette entreprise soi-disant familiale traite les travailleurs de cette manière. Avec plus de 1,5 milliard d’euros de réserve, la famille Berghmans pourrait pourtant délier un peu les cordons de la bourse. Elle semble oublier que la Belgique est à l’origine de sa croissance mondiale", ajoutent encore les permanents syndicaux.

Une condition pour revenir à la table des négociations

Le front commun a dès lors claqué la porte des négociations. "La proposition de la direction inadmissible ! Nous voulons bien revenir aux négociations mais à condition qu'elle s'engage à garantir la représentativité syndicale jusqu'aux élections sociales de 2024. Nous sommes prêts à aller au tribunal du travail pour obtenir gain de cause", lance Frédéric Lucchetta, permanent FGTB.

Des assemblées du personnel seront organisées lundi pour informer les travailleurs des intentions de la direction, annonce le front commun. "La suite risque d’être mouvementée…", signalent les permanents. La marmite sociale pourrait-elle alors exploser ? "Si, sous le coup de l'émotion, les travailleurs veulent débrayer, ils débrayeront", répond Frédéric Lucchetta.

Deux conseils d'entreprise de la procédure Renault sont programmés les 6 et 13 décembre mais nul ne sait s'ils se tiendront ou pas.

Le groupe Lhoist avait annoncé en septembre son intention de supprimer 117 emplois dans trois sites de production : Jemelle, Hermalle et Marche-les-Dames. Les négociations sociales en cours ont déjà permis d'atténuer un peu la casse sociale puisque 17 emplois seront finalement sauvés.