Le Domaine du Chant d’Eole a voulu voir grand… tout de suite : "Quand j’ai commencé, on me disait ‘Ouch, c’est du belge’"

LIBRE ECO WEEK-END | Le dossier Le Chant d’Eole, c’est la rencontre de deux familles", résume Hubert Ewbank. D’un côté, Filip Remue, Belge d’origine mais Champenois de cœur : il a épousé Sophie Gaspard (de la maison Gaspard Bayet) avec laquelle il détient Remue Gaspard. De l’autre, la famille Ewbank, famille d’entrepreneurs dont une des activités est l’agriculture. "Famille d’épicuriens" aussi . Le savoir-faire et les terres, au pied des éoliennes (d’où le nom du domaine) de Quévy au sud de Mons, non loin du Vignoble des Agaises sis à Haulchin.

Le Domaine du Chant d’Eole a voulu voir grand… tout de suite : "Quand j’ai commencé, on me disait ‘Ouch, c’est du belge’"

LIBRE ECO WEEK-END | Le dossier

"Le Chant d’Eole, c’est la rencontre de deux familles", résume Hubert Ewbank. D’un côté, Filip Remue, Belge d’origine mais Champenois de cœur : il a épousé Sophie Gaspard (de la maison Gaspard Bayet) avec laquelle il détient Remue Gaspard. De l’autre, la famille Ewbank, famille d’entrepreneurs dont une des activités est l’agriculture. "Famille d’épicuriens" aussi . Le savoir-faire et les terres, au pied des éoliennes (d’où le nom du domaine) de Quévy au sud de Mons, non loin du Vignoble des Agaises sis à Haulchin.

  • Vignoble : 15 ha actuellement et 20 ha de plus dans les trois ans
  • Production : entre 100 000 et 150 000 bouteilles par an

"À l’analyse, on a la même craie que dans la Marne. On a planté principalement du Chardonnay et un peu de Pinot noir, les mêmes cépages que l’on retrouve sur la Côte des blancs, où se situent les grands crus en Champagne", explique Hubert Ewbank. Lui-même vendait déjà du vin depuis une vingtaine d’années et aimait visiter des vignobles pendant ses vacances. "Au lieu de planter des pommes de terre et d’en faire des frites, de planter des betteraves et d’en faire du sucre, c’est quand même plus pétillant de faire, à partir de raisins, une méthode traditionnelle. C’est vraiment un bonheur." Et de poursuivre : "La rencontre de Filip Remue, qui était convaincu que son pays d’origine pouvait convenir à la culture de cépages champenois, nous a permis de passer à l’acte et de planter des vignes. Nous avons tout de suite eu la volonté de démarrer un vignoble de grande taille." D’abord 10 ha en 2010 puis, très vite, 5 ha supplémentaires. Et immédiatement un bâtiment d’envergure avec une grande cuverie, des salles de vieillissement et de dégustation.

Demande des grands sommeliers

Vingt hectares de plus vont être plantés dans les trois ans qui viennent car la demande est là : "Elle s’élève à l’heure actuelle à environ 300-350 000 bouteilles et on n’en produit que 100 à 150 000. Pour l’instant, tout est précommandé et on a du mal à livrer notre trentaine de revendeurs en Belgique et nos clients historiques", se désole Hubert Ewbank. Il faut dire que les médailles dans les concours se succèdent et le titre de révélation internationale des vins mousseux au dernier Concours mondial de Bruxelles a boosté l’intérêt, en Belgique (où le Blanc de Blancs 2017 vient également d’être consacré Meilleur vin belge 2019 par l’association des sommeliers flamands, la VVS) et hors des frontières. "La plupart des grands sommeliers dans le monde essaient d’avoir nos produits à leur carte", déclare Hubert Ewbank. Il revient de la mission princière en Chine en novembre "où les demandes sont nombreuses." C’est promis, à partir de l’an prochain, 5 % de la production seront réservés à l’export. En Belgique, on retrouve le Chant d’Eole dans une quarantaine de restaurants étoilés et dans une série de bonnes brasseries. "Quand j’ai commencé, on me disait : ‘Ouch, c’est du belge’", se souvient Hubert Ewbank. "Maintenant, c’est : ‘Comme vous avez du belge de qualité, on va en mettre à notre carte’. Il y a un changement dans la mentalité des restaurateurs et des sommeliers. Ils veulent servir du belge et les Belges veulent consommer du belge."