L'insolvabilité est une alternative pour Lufthansa, le gouvernement belge annonce des conditions en cas d'aide

L'insolvabilité est une alternative pour Lufthansa, le gouvernement belge annonce des conditions en cas d'aide
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V.S. avec Belga

Si le gouvernement devait apporter son soutien à la compagnie aérienne Brussels Airlines, il ne le ferait pas seul et y lierait des conditions, a affirmé mardi le ministre des Finances, Alexander De Croo, en commission de la Chambre. La maison mère Lufthansa examine la possibilité de demander la protection contre ses créanciers plutôt qu'une aide d'Etat afin d'affronter la crise du coronavirus.

Très durement affectée par la crise du coronavirus comme l’ensemble des compagnies aériennes à travers le monde, Brussels Airlines, dont la flotte est clouée au sol, est très mal en point. Ses liquidités s’épuisent de jour en jour et à défaut d’une injection très rapide de capitaux – l’entreprise a demandé aux autorités belges un soutien de 290 millions d’euros – la survie même de l’entreprise est désormais en jeu.

La piste de l’insolvabilité côté allemand

Il y a urgence. On le sait, depuis quelques jours, les contacts sont nombreux entre le ministre des Finances Alexander De Croo (Open VLD), le management de Brussels Airlines et la maison-mère allemande Lufthansa, actionnaire à 100 % de la compagnie belge. Carsten Sphor, le grand patron de Lufthansa, vient d’ailleurs, selon la VRT, d’envoyer à la Première ministre Sophie Wilmès un courrier pour lui signifier que Lufthansa ne comptait pas lâcher Brussels Airlines. Il a également précisé qu’une éventuelle aide de l’État belge ne serait utilisée qu’au seul profit de la compagnie belge. Tout en insistant au passage sur la nécessité d’améliorer la rentabilité de sa filiale belge.

Mais le sauvetage de Brussels Airlines reste à ce stade aléatoire. Lufthansa se retrouve, en effet, lui aussi étranglé financièrement. Au point que le géant allemand explore désormais la possibilité de déclarer son insolvabilité plutôt que de recourir à une aide d’État. Cette piste verrait ainsi la société mise à l’abri de ses créanciers. En réalité, Carsten Sphor se méfierait, en cas d’aide d’État, d’une trop grande influence politique au sein de sa compagnie.

Pas de chèque en blanc côté belge

Du côté belge, le message qui a été envoyé mardi à l’actionnaire allemand est clair : pas question de signer un chèque en blanc. Si le gouvernement devait apporter son soutien à Brussels Airlines, il ne le ferait pas seul et y lierait des conditions, a expliqué en substance Alexander De Croo, en commission de la Chambre. “Si le gouvernement décidait d’apporter ce soutien, il faudrait négocier avec Lufthansa, qui détient 100 % du capital de Brussels Airlines. Et il faudrait qu’on tienne compte d’aspects tels que l’emploi, l’environnement et d’autres objectifs sociétaux”, a-t-il expliqué. Par ailleurs, le gouvernement n’entend pas agir seul. “Il me paraît logique que la demande ne soit pas seulement adressée aux autorités belges. Il me paraît logique qu’une partie de ce financement vienne d’autres instances, comme par exemple les actionnaires actuels de Lufthansa”, a poursuivi le ministre. Selon ce dernier, il est enfin essentiel qu’en cas d’intervention du gouvernement belge, “des perspectives d’avenir claires soient proposées à Brussels Airlines afin qu’après la crise, la compagnie puisse à nouveau se développer en tant que transporteur national et puisse être un maillon crucial pour Bruxelles en tant que hub international”. En attendant, l’heure tourne...