Neckermann demande à être protégée de ses créanciers : "Nous n’avons toujours pas reçu de soutien financier de la part des autorités"

La société Neckermann a introduit une requête devant le tribunal de Nivelles en vue d'obtenir la protection vis-à-vis de ses créanciers. Elle doit en effet partir à la recherche d'un nouveau repreneur, le précédent n'ayant pas été en mesure d'apporter le financement de 3,5 millions d'euros promis.

F.T.
Neckermann demande à être protégée de ses créanciers : "Nous n’avons toujours pas reçu de soutien financier de la part des autorités"
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L'entreprise Neckermann demande a être protégéé de ses créanciers. "Neckermann demande aujourd’hui au tribunal de Nivelles de lancer une procédure de transfert sous autorité judiciaire dans le cadre de la loi sur la continuité des entreprises (LCE). Le mandataire de justice aura alors quatre mois pour trouver un repreneur", indique Neckermann dans un communiqué. "Pendant ce temps, Neckermann bénéficiera d’une protection contre la faillite. Le mandataire de justice pourra entamer les négociations avec différents intervenants intéressés par la reprise des agences et du personnel."

La piste Wamos abandonnée

La société se cherche un nouveau repreneur, l'entreprise espagnole Wamos n'ayant pas pu tenir ses engagements au niveau financier. "L’année dernière, Neckermann avait demandé et obtenu une protection contre ses créanciers en raison des répercussions financières de la crise du coronavirus. Sur les 119 créanciers de la société, 110 avaient voté en faveur de la proposition soumise par le voyagiste. L’actionnaire espagnol de Neckermann, Wamos Group, avait alors promis d’injecter 3,5 millions d’euros de capitaux supplémentaires. Néanmoins, cette augmentation de capital n’a pas eu lieu, car Wamos Group ne disposait lui-même pas des fonds nécessaires", continue le communiqué.

Si la possibilité d'un sauvetage par Wamos semble morte et enterrée, Neckermann explique entamer des négociations avec d'autres repreneurs. "La direction de Neckermann a recherché des investisseurs potentiels et un private equity s’est montré particulièrement intéressé par le projet de Neckermann. Afin de se protéger durant cette période de négociation, la direction de Neckermann a opté pour la procédure de transfert sous autorité judiciaire."

Le CEO de Neckermann, Laurent Allardin se montre optimiste... et lance un appel à destination des pouvoirs publics. "Je crois fermement en l’avenir de Neckermann. Avant la crise du coronavirus, les affaires tournaient bien, et nous semblions tirés d’affaire après le rééchelonnement de notre dette. Hélas, à ce jour, nous n’avons toujours pas reçu de soutien financier de la part des autorités alors que nous avons été frappés de plein fouet par la crise. Cette nouvelle disposition LCE offre de nouvelles perspectives : je suis persuadé que nous allons rapidement trouver un repreneur et que Neckermann pourra repartir sur de bonnes bases."

Neckermann rassure les détenteurs de vouchers

Le voyagiste a également tenu à rassurer ses clients. "Les clients de Neckermann qui souhaitent réserver un voyage ou qui disposent encore d’un voucher n’ont pas de souci à se faire. Vu que la faillite a pu être évitée, les voyageurs belges peuvent encore réserver/modifier leurs réservations ou échanger leur voucher chez Neckermann."

Dans le cadre de la procédure, le tribunal devra désigner un mandataire de justice qui aura pour mission de trouver le meilleur repreneur qui soit pour Neckermann. Ce repreneur rachètera le voyagiste, les agences et les employés. Actuellement, Neckermann emploie toujours près de 150 personnes réparties dans 50 enseignes.