Qui sont les grands patrons américains les plus "surpayés"?

Alphabet, Walt Disney, Intel, Fox Corporation, Microsoft... Ces entreprises bien connues ont toutes un point commun : elles occupent le haut du classement des patrons les plus surpayés.

Qui sont les grands patrons américains les plus "surpayés"?
©afp

Comme chaque année depuis 7 ans, l'ONG As You Sow, qui s'occupe de défendre les actionnaires, s'est en effet intéressée aux 500 plus grandes sociétés cotées en bourse aux Etats-Unis (S&P 500) afin de dresser la liste des "patrons les plus surpayés". Pour ce faire, l'ONG s'est basée sur plusieurs critères : l'écart entre la rémunération médiane des salariés et celle du PDG, le taux d'approbation des actionnaires face à la rémunération du PDG et, enfin, les performances de l'entreprise.

A ce petit jeu, c'est Sundar Pichai, le CEO d'Alphabet (la maison-mère de Google) qui décroche la palme. Selon le rapport, l'homme d'affaires indo-américain a touché 280 millions de dollars en 2019, soit plus de 1000 fois ce que gagne l'employé moyen dans l'entreprise. Mais gagner beaucoup ne suffit pas pour décrocher ce triste titre. Dans ce cas-ci, 70% des actionnaires ont voté contre la rémunération du CEO. Mais étant donné que les deux fondateurs d'Alphabet Larry Page et Sergei Brin détiennent plus de 50% des voix à l'assemblée des actionnaires, le résultat final n'a montré que 25% de votes défavorables. Et ce n'est pas tout : deux entreprises de conseil en matière de vote aux actionnaires ont également noté "le manque de lien entre la performance et la rémunération" chez Alphabet. Un combo gagnant pour Sundar Pichai qui écope donc du titre du patron le plus surpayé de l'année. Selon le rapport de l'ONG, il serait surpayé de 260 millions de dollars. Quand même...

A la deuxième et troisième place de ce classement, on retrouve respectivement David M. Zaslav, le patron du groupe médias Discovery Inc. et Larry J. Merlo de CVS Health Corporation, le plus grosse chaine de pharmacies, produits cosmétiques et de soins du pays. A la cinquième place, on retrouve Robert Iger, le CEO de The Walt Disney Company.

Que retenir?

Alors que la pandémie a décimé l'économie mondiale, certains milliardaires - parmi eux des PDG - se sont enrichis. "Or, pendant ce temps, les salaires des travailleurs représentent une part toujours plus faible de l'économie américaine", note Robert Reich, professeur, auteur et ancien Secrétaire américain au Travail. "Pour réduire ces inégalités, il faudrait envisager un processus de vote plus large. Et les plus grands actionnaires des entreprises devraient utiliser plus fermement leur pouvoir pour freiner les excès", note l'expert. Selon lui, "les entreprises ayant les PDG les plus surpayés devraient prendre des mesures pour soutenir l'augmentation du salaire minimum dans l'entreprise".

Entre la conclusion et la publication du rapport, notons que certains PDG mal classés ont vu leur salaire baisser. C'est notamment le cas de David Solomon, PDG de la banque d'investissements Goldman Sachs. Alors qu'il occupait la 39ème place du classement avec une rémunération de 24,6 millions de dollars en 2019 et un "trop-perçu" évalué à environ 12 millions, il a annoncé que son salaire, comme celui d'autres cadres, allait être réduit, d'environ 10 millions. Mais il ne s'agit là que d'une conséquence de l'amende de 3 milliards de dollars qu'a dû payer l'entreprise pour clore les enquêtes américaines sur un scandale de corruption à l'étranger.

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