VOCSens lance la première "caméra environnementale"

La start-up, née au sein des laboratoires de l’UCLouvain et financée par le fonds W.IN.G, développe et commercialise des capteurs intelligents pour l’industrie.

Libre Eco week-end | La start-up de la semaine

Spin-off de l’UCLouvain, VOCSens sort progressivement de l’ombre. Depuis quelques mois, la start-up technologique de Louvain-la-Neuve commercialise un premier produit, la "EnviCam", qui fait figure de première caméra environnementale intelligente. "Elle permet de voir l’invisible, d’extraire et de livrer, pour nos clients, des données qualifiées et fiables de concentrations en gaz et composés volatils", résument Thomas Walewyns, CEO et fondateur de VOCSens, rejoint, ensuite, par Yann Danlée et Grégory Perraud .

Sans trop rentrer dans les détails, une petite explication s’impose pour comprendre ce que fait VOCSens et la valeur ajoutée de son innovation technologique (connue sous le nom de "CMOSEnvi"). La jeune pousse s’appuie sur plus de quinze ans de recherche, au sein de l’UCLouvain, dans le domaine des capteurs environnementaux compatibles "CMOS" (Complementary Metal Oxide Semiconductor). En gros, il s’agit de capteurs multi-pixels, comme il en existe sur les smartphones, qui vont transformer les signaux liés la présence de gaz en signaux électriques. "La sélectivité est rendue possible par l’intégration, dans les puces électriques, de plusieurs matériaux polymères et nanocomposites qui vont réagir différemment selon les gaz au travers un procédé breveté", précise Yann Danlée (docteur en sciences des matériaux).

Par "invisible", Thomas Walewyns désigne donc les gaz présents dans l’atmosphère. "Le problème de la plupart des capteurs environnementaux disponibles sur le marché, c’est qu’ils sont sensibles à tout ce qu’il y a dans l’atmosphère. Ils ne permettent aucune sélectivité dans les mesures et les données collectées."

Le produit EnviCam de VOCSens va non seulement faire le tri dans les gaz, mais aussi mesurer d’autres paramètres (particules fines, température, humidité…). Les données captées sont alors transmises sur une plateforme via une connexion sans fil (de type Low-Power Wide-Area, tels que LoRa, Sigfox et NB-IoT ou Bluetooth).

VOCSens lance la première "caméra environnementale"
©Vocsens

"Un potentiel énorme"

Une autre innovation tient au fait que la détection sélective des gaz, et des autres paramètres, se fait à très faible coût, notamment grâce à une électronique intégrée à ultra-basse-consommation, associée à l’intelligence artificielle et à un coût de maintenance minimal. Cela permet à VOCSens de vendre ses capteurs à moins d’un dixième du prix des systèmes traditionnels ! "Au niveau de notre R&D, de la technologie CMOSEnvi et des futures versions d’EnviCam, la consommation d’énergie est au moins dix fois moindre. Cela ouvre la voie à des applications jusque 10 ans d’autonomie et plus, la seule limitation étant le vieillissement du capteur et non plus sa consommation énergétique", précise le CEO. VOCSens propose d’ailleurs à ses clients d’intégrer les puces de récupération d’énergie développées par e-peas, une autre start-up technologique de Louvain-la-Neuve (dont La Libre Eco a déjà eu l’occasion de parler à plusieurs reprises).

Les premières applications de l’EnviCam ont lieu dans la surveillance de l’environnement et le contrôle d’émissions industrielles (chimie, pétrochimie, agroalimentaire, mais aussi villes et bâtiments intelligents). "Le potentiel est énorme", explique le CEO. "On assiste à une explosion des besoins liés à l’Internet des objets et à l’Industrie 4.0. Nous avons déjà déployé plusieurs pilotes, comme actuellement en cours chez BASF à Anvers ou Dow Chemical aux Pays-Bas. Nous avons aussi des déploiements dans des communes belges et européennes pour la mesure de la qualité de l’air, ainsi que dans le secteur du recyclage."

VOCSens est aujourd’hui prête à prendre son envol. Soutenue dès 2019 par le fonds W.IN.G by Digital Wallonia, elle prépare actuellement une levée de fonds de l’ordre de 2 millions d’euros. Cette augmentation de capital devra permettre à la fois de lancer l’industrialisation des microcapteurs et d’accélérer la commercialisation.

Ce qu'il faut encore savoir

Société : VOCSens a été créée en février 2019 par Thomas Walewyns (CEO). Il a été ensuite rejoint par Yann Danlée et Grégory Perraud.

Investisseurs :  W.IN.G by Digital Wallonia, Sopartec, Novallia, BNP Paribas Fortis.

Site www.vocsens.com

Particularité : Thomas Walewyns et Yann Danlée ont fait leurs études ensemble à l’UCLouvain. Le second, qui avait entamé une carrière dans l’industrie, s’est finalement laissé convaincre par le premier de le rejoindre dans l’aventure VOCSens.

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