Protestation en "streaming" chez IBM face à la suppression de 200 postes en Belgique: "La direction prend des risques devant la justice"

Des actions similaires doivent avoir lieu dans les succursales d'IBM dans d'autres pays européens.

196 emplois menacés chez IBM, un action a eu lieu à Bruxelles, rue du Bourget.
196 emplois menacés chez IBM, un action a eu lieu à Bruxelles, rue du Bourget. ©AFP

Les syndicats ont organisé une action ce matin devant le siège d’IBM à Bruxelles contre la potentielle suppression de 196 emplois, soit près d’un cinquième des postes, en Belgique, et le transfert de 300 autres postes vers une nouvelle entité.

Seule une cinquantaine de personnes était sur place, afin de respecter les mesures sanitaires face au coronavirus. Les travailleurs étaient quant à eux invités à suivre “en streaming” l’action et à se déconnecter pendant une heure pour protester. L’action veut avoir également un écho européen et des initiatives similaires doivent avoir lieu dans les autres succursales du groupe.

IBM a effectivement fait part d’une restructuration importante dans toutes ses filiales à travers le monde. L’entreprise souhaite se recentrer sur les activités cloud ainsi que sur l’intelligence artificielle et veut se séparer d’une partie de ses travailleurs dans d’autres secteurs d’activité. Mardi dernier, l’entreprise a clôturé la phase 1 de la procédure Renault - prévue lors de licenciements collectifs - sans avoir dialogué avec les travailleurs, avancent les syndicats.

"Ils ont instrumentalisé la loi Renault"

“Il n’y a eu aucun critère fixé, aucune alternative proposée pour réduire le nombre de licenciements, nos questions sont restées sans réponse ou alors avec des réponses très partielles”, s’exclame Said Zaoudi, secrétaire permanent à la CNE.

“La direction appuie sur le champignon, avec des réunions marathon et tout cela pour ne rien dire. Tout ce qu’ils voulaient, c’était justifier leur décision. Ils ont instrumentalisé la loi Renault mais ce n’est pas cela la concertation sociale. En théorie, dans 30 jours, des premiers licenciements seraient possibles mais comme nous contestons la clôture de la phase 1 de la procédure Renault, ils prennent le risque de voir les licenciements contestés devant la justice. La direction a donc intérêt à trouver un accord avec les travailleurs”, ajoute-t-il.

“On veut un plan de formations stratégiques. Sur les sites de recrutement, IBM cherche à recruter alors qu’on pourrait reclasser certains profils. Cependant, il n’y a pas de processus pour tenir compte de ces paramètres au niveau des ressources humaines. Ils veulent avoir les coudées franches, probablement pour revoir les conditions de travail du personnel”, s’inquiète-t-il également. Contactée, la direction d'IBM n'a quant à elle pas donné suite à nos appels pour le moment.

"Le problème, c’est que la direction ne parle que des gens qui partent mais nous voulons aussi discuter des personnes qui restent", explique-t-il à propos des 500 personnes qui devraient conserver leur poste. Il se demande également ce que vont devenir les 300 autres employés censés être transférés vers une nouvelle entreprise spécialisée dans la gestion de l’infrastructure informatique des entreprises, et baptisée Kyndryl. "La direction refuse de donner des garanties" pour les employés de la future entreprise. “Ce sera probablement low cost. Et ce n’est pas sûr qu’IBM conserve cette société d’ailleurs. Ils ne veulent rien entendre”, ajoute-t-il.

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