Le cabinet Dermagne fixe une conciliation avec la direction d'IBM et le front syndical le 6 mai

Les syndicats rencontraient le ministre de l'Emploi ce vendredi afin de trouver une solution à l'impasse des négociations avec la société IBM, qui menace de licencier près de 200 personnes.

Le cabinet Dermagne fixe une conciliation avec la direction d'IBM et le front syndical le 6 mai
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"Un entretien positif", nous dit-on du côté des syndicats comme du ministère de l’Economie. Le cabinet du ministre Pierre-Yves Dermagne (PS) recevait ce vendredi matin les représentants syndicaux qui s'élèvent contre le licenciement collectif au sein d'IBM. Le groupe menace effectivement de supprimer 196 emplois et en délocaliser 300 autres et a clôturé la phase 1 de la procédure Renault, obligatoire en cas de licenciement collectif, sans l'accord des syndicats.

Du côté du cabinet ministériel, on nous assure être au plus près du dossier dans lequel le licenciement collectif semble effectivement déroger aux règles, dans une certaine forme "d'irrespect pour la concertation sociale", de par les irrégularités et les contradictions relevées. On nous signale également qu'une conciliation est par contre prévue au sein du SPF Emploi le 6 mai prochain.

Peter Darin, de l'ACV Puls, regrette que le groupe licencie alors qu'il fait des bénéfices. "Ils nous font part des chiffres pour le Benelux, mais pas pour la Belgique alors que la productivité est exceptionnelle, ils ne répondent pas à nos questions", déplore-t-il.

Recours juridiques possibles

"Le soutien du ministre est une bonne chose, on verra ce que donne la conciliation. Mais l'instrumentalisation de la loi Renault faite par IBM est incorrecte. Il n'y a pas eu de concertation. Nous allons demander une prolongation de 30 jours à Actiris en attendant une décision juridique par rapport à la phase 1 de la procédure Renault, que nous n'avons jamais validée", ajoute le secrétaire de la CNE Said Zaoudi, rappelant qu'en plus des emplois menacés, environ 300 devraient également être transférés dans une autre entreprise, créée par IBM mais sans informations précises quant aux conditions de travail. "IBM s'expose à des recours juridique de la part des personnes licenciées en agissant de la sorte", alerte-t-il.

La direction d'IBM a également évoqué la semaine dernière un plan de départs volontaires mais aucun critère ou détail n'est connu, ajoute le syndicaliste. "Sous couvert qu'il ne s'agit pas de licenciements, la direction prévoit de lancer ce plan sans attendre la fin de la période des 30 jours d'interdiction alors que le résultat sur la disparition de l'emploi est le même", dénonce encore le front commun syndical, composé du Setca, de la CNE, de l'ACV Puls et de la CGSLB.