Mis en cause par le journal Le Monde pour ses activités en Birmanie, Total met fin à son contrat publicitaire avec le journal

La direction du journal Le Monde a confirmé qu'une campagne publicitaire du groupe Total, qui devait paraître dans le journal dans les prochaines semaines, avait été annulée par le groupe. En cause : un article mettant en cause ses activités en Birmanie.

Mis en cause par le journal Le Monde pour ses activités en Birmanie, Total met fin à son contrat publicitaire avec le journal
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La Libre Eco avec AFP

Total a annulé une campagne publicitaire qu'il avait prévu de diffuser dans le quotidien français Le Monde, après la publication par le journal d'une enquête accusant le groupe pétrolier d'avoir partagé ses revenus du gaz avec les militaires birmans, a-t-on appris auprès du quotidien. 

De son côté, Total n'a fait aucun commentaire.

Une sanction surtout symbolique pour le journal, Total n'étant pas un gros annonceur. En outre, le quotidien, grâce au succès de ses abonnements numérique, se porte bien financièrement et a réduit ses dernières années sa dépendance à la publicité, qui représente environ 22 % de ses recettes.

Financement de la junte militaire

Et ce n'est pas la première fois que le quotidien est privé de publicité par une entreprise mise en cause dans l'un de ses articles. En 2015, le géant bancaire HSBC avait retiré ses pubs des médias, dont Le Monde et le quotidien britannique The Guardian, qui avaient publié les "Swissleaks", des révélations au sujet d'une affaire d'évasion fiscale à grande échelle.

Le Monde a publié mardi une enquête qui révèle qu'un montage financier autour d'un gazoduc exploité par Total en Birmanie aurait permis de diriger, depuis des années, des centaines de millions de dollars tirés des ventes de gaz directement vers les militaires de ce pays, au détriment de l'Etat birman.

Le groupe pétrolier est présent en Birmanie depuis 1992, et depuis le coup d'Etat militaire de février, les militants pro-démocratie le pressent de nouveau de "cesser de financer la junte".

Son PDG a indiqué en avril qu'il suspendait ses forages dans le pays mais qu'il continuait à exploiter le gisement de Yadana, en activité depuis 1998, pour approvisionner en énergie les populations birmanes et thaïlandaises. Il s'est aussi engagé à financer des ONG consacrées à la défense des droits humains à hauteur de ce qu'il verse à l'Etat birman.